Accéder au contenu principal

Espagne : Podemos suspend les négociations avec les socialistes

Le socialiste Pedro Sanchez s'est vu confier le 2 février par le roi la formation d'un cabinet.
Le socialiste Pedro Sanchez s'est vu confier le 2 février par le roi la formation d'un cabinet. Gérard Julien, AFP

Le parti de gauche radicale Podemos a suspendu, mercredi, les négociations avec les socialistes espagnols en vue de la formation d'un gouvernement de coalition, après l'accord du PSOE avec les centristes de Ciudadanos.

Publicité

La possibilité d’une investiture d'un Premier ministre socialiste s’amenuise en Espagne. Si le Parti socialiste espagnol (PSOE) a annoncé, mercredi 24 février, un accord avec les centristes de Ciudadanos en vue de la formation d'un nouveau gouvernement, il vient de perdre tout espoir de compromis avec Podemos. Il sera donc désormais très difficile pour Pedro Sanchez d’obtenir la majorité absolue des 176 sièges lors du prochain débat d’investiture, à partir du 1er mars.

Le parti de la gauche radicale espagnole, dont le soutien était  indispensable aux socialistes pour obtenir l'investiture du Parlement, a en effet suspendu les négociations avec le PSOE. En cause : l'accord passé entre les socialistes et les centristes.

Cet accord "empêche la possibilité de former un gouvernement pluriel et de changement", a déclaré lors d'une conférence de presse Inigo Errejon, le numéro deux de Podemos.

Un rejet attendu

L'accord de 66 pages signé mercredi par PSOE et Ciudadanos, qui implique le soutien des centristes à l'investiture du leader socialiste, Pedro Sanchez, "nous rapproche des politiques économiques dont nous voulons sortir", a dit le chef des négociateurs de Podemos, dont la réaction était attendue.

Pour Podemos, le PSOE a embrassé l'idéologie libérale de Ciudadanos, en matière notamment de droit du travail, et leur programme ne garantira pas une plus grande défense des travailleurs, alors qu'une réforme du marché du travail menée par la droite en 2012 avait déjà considérablement réduit leurs droits.

"Le parti de Pablo Iglesias avait toujours dit qu’il refuserait d’associer son parti et son nom au parti de Ciudadanos, qui mène une politique de droite déguisée. Podemos a annoncé qu’il ne ferait pas de la figuration dans cet accord qui ne serait que cosmétique", explique Valérie Labonne, correspondante de France 24 en Espagne.

Sanchez condamné à l'échec

Les élections législatives du 20 décembre ont laissé un paysage politique fragmenté en Espagne, avec quatre grandes formations dont aucune n'a assez d'élus pour diriger seule : les conservateurs du Parti Populaire (PP) sortant sont premiers, suivis du Parti socialiste (PSOE), du parti de gauche radicale Podemos et de Ciudadanos.

Pedro Sanchez, le secrétaire général du parti socialiste, qui tentera d'être nommé Premier ministre début mars, a été chargé de former un gouvernement, son rival de droite, le chef du gouvernement sortant Mariano Rajoy, ayant renoncé faute de soutiens. Mais après l'annonce de Podemos, il est pour l'instant condamné à l'échec, le PP ayant aussi annoncé qu'il voterait contre lui.

"Nous sommes condamnés à l'échec de l'investiture", de Pedro Sanchez, a prévenu  Inigo Errejon. "Mais c'est aussi un aveu d'échec pour Podemos qui voulait sortir Mariano Rajoy du gouvernement mais aussi ces politiques de droite", conclut la journaliste Valérie Labonne. 

Avec AFP 

 

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.