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Référendum : les Boliviens disent "non" à un quatrième mandat d'Evo Morales

Le président bolivien Evo Morales répond à la presse au Quemado palace à La Paz, le 22 février 2016.
Le président bolivien Evo Morales répond à la presse au Quemado palace à La Paz, le 22 février 2016. Aizar Raldes, AFP

Plus de 51 % des électeurs boliviens ont voté contre la possibilité pour le président Evo Morales de se présenter à un quatrième mandat, selon les résultats du référendum publiés mardi soir. Le chef de l'État devra quitter le pouvoir en 2020.

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Les Boliviens ont tranché : le président Evo Morales ne pourra pas briguer un quatrième mandat en 2020. Sa réforme a en effet été rejetée par référendum avec plus de 51 % des voix. Après décompte de 99,41 % des bulletins, la tendance est irréversible : le non l'emporte avec 51,33 % des suffrages, ont annoncé mardi 23 février les autorités électorales.

Il s'agit de la première défaite politique du plus ancien président en exercice d'Amérique latine, qui, à la tête de la Bolivie depuis 2006, devra quitter le pouvoir début 2020. Dans ce pays où le vote est obligatoire, 6,5 millions de Boliviens, plus 300 000 à l'étranger, avaient été appelés à s’exprimer dimanche.

Evo Morales, 56 ans, avait promis lundi de "respecter les résultats" quels qu'ils soient.

"J'adorerais être dirigeant sportif"

Avant le scrutin, l'ancien berger de lamas devenu le premier président amérindien de la Bolivie s'était montré serein face à une éventuelle défaite : "Je suis prêt. Avec un tel bilan, je retournerai heureux et content chez moi. J'adorerais être dirigeant sportif", avait-il confié au quotidien espagnol El Pais.

Depuis les premières estimations, le camp présidentiel n'avait eu de cesse de qualifier ces chiffres de prématurés, misant notamment sur le comptage, effectué en dernier, des votes dans les zones rurales, plus favorables à Evo Morales.

Après l'annonce de la victoire du non par les médias, les opposants au président Morales ont organisé des fêtes populaires dans plusieurs villes, comme Santa Cruz (Est) et Trinidad (Nord-Est).

"Respectez les résultats !"

"Ils ont demandé que le peuple décide et il a décidé, respectez les résultats !", avait clamé lundi sur Twitter Samuel Doria Medina, ex-candidat à l'élection présidentielle, vaincu à deux reprises par Evo Morales.

L'analyste politique Andrés Torres prédit "des batailles internes pour succéder" à Evo Morales. Mais ce sera "très difficile de trouver un successeur qui ait la même capacité de cohésion", prévient-il.

Jusqu'à la semaine dernière, les partisans de la révision constitutionnelle étaient à égalité avec les opposants dans les intentions de vote. Mais des accusations de corruption à l'encontre d’Evo Morales ont contribué à largement avantager le non.

Il est soupçonné d'avoir usé de son influence en faveur de son ex-compagne, Gabriela Zapata (28 ans), dont l'entreprise a signé des contrats avec le gouvernement pour des centaines de millions de dollars. Plusieurs enquêtes sont en cours.

Le chef de l'Etat, champion auto-proclamé du socialisme du XXIe siècle, a nié. "Quel trafic d'influence ? Tout ça est un montage de l'ambassade des États-Unis !"

Avec AFP

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