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Le Salon de l’agriculture s'ouvre à Paris dans un climat d'extrême tension

Le président François Hollande a été chahuté par des agriculteurs en colère au Salon de l'agriculture à Paris, le 27 février 2016.
Le président François Hollande a été chahuté par des agriculteurs en colère au Salon de l'agriculture à Paris, le 27 février 2016. Benoît Tessier, AFP

Le président François Hollande a été hué par des éleveurs samedi au Salon de l'agriculture, qui s'est ouvert dans un climat de crise profonde. Des manifestants ont également exprimé leur colère en démontant le stand du ministère.

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Le Salon de l'agriculture à Paris s'est ouvert, samedi 27 janvier, dans un climat d'extrême tension. Des dizaines de manifestants ont totalement démonté le stand du ministère de l'Agriculture, avant la visite de François Hollande. Une fois sur place, ce dernier a été accueilli par des sifflets accompagnés d'insultes et d'appels à la démission, lancés par une haie d'éleveurs en colère. "Il s'en fout complètement de nous", "Bon à rien", "On n'est pas des migrants", "Connard", "Fumier", ces éleveurs n'ont pas mâché leurs mots, exprimant le désespoir d'une profession au bord du gouffre.
 

Hollande accuse la grande distribution

Venu rencontrer les agriculteurs français, François Hollande a semblé compréhensif face à leur colère. "Je suis aussi venu pour entendre ces cris, qui sont des cris de douleur, de souffrance", a-t-il essayé d’apaiser. Il a ensuite affirmé qu'il fallait faire pression sur la grande distribution et revoir la loi de modernisation de l'économie (LME), qui a déréglementé les négociations entre fournisseurs et distributeurs pour la fixation des prix agricoles.

Une majorité de Français estime que Stéphane Le Foll est un mauvais ministre de l'Agriculture, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien et France Info publié samedi 27 février, jour de l'ouverture du Salon de l'agriculture.

Stéphane Le Foll, qui occupe également la fonction de porte-parole du gouvernement, est "plutôt un mauvais ministre" pour 53 % des personnes interrogées, seulement 23 % jugeant qu'il est "plutôt un bon ministre", 23 % déclarant ne pas savoir qu'il est ministre de l'Agriculture.

Par ailleurs, les sondés soutiennent très largement (81 %) les manifestations d'agriculteurs, qui multiplient les actions depuis le début de l'année pour protester contre des prix trop bas.

"Il y a des pressions qu'il faut exercer ici en France sur la grande distribution", accusée de contribuer à faire chuter les prix payés aux éleveurs, a-t-il déclaré au Salon de l'Agriculture. "Une loi a été votée il y a quelques années", a-t-il rappelé, allusion à la LME votée en 2008 sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ajoutant : "Elle doit être revue".

Le président a fait cette annonce alors que les négociations tarifaires annuelles entre les acheteurs de la grande distribution et leurs fournisseurs s'achèvent dans deux jours, dans un climat de tension. Des éleveurs ont dénoncé la teneur de ces négociations, accusant les enseignes de grande distribution de faire pression sur leurs fournisseurs pour obtenir des baisses de prix, au risque d'aggraver encore la situation d'exploitations d'élevage déjà au bord du gouffre.

"Il n'est pas possible, si dans quelques jours il n'y a pas un accord entre les grands distributeurs, et les éleveurs notamment, et les producteur laitiers, (...) de garder cette loi. Elle sera modifiée. Je ne veux pas que ce soient les agriculteurs qui soient les victimes d'organisations qui font pression pour que les prix soient toujours les plus bas", a indiqué le président.

Avec AFP

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