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Migrants : l’UE salue les propositions turques et se donne 10 jours pour un accord

Le président François Hollande, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu et le Président du Conseil Européen Donald Tusk, le 7 mars à Bruxelles.
Le président François Hollande, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu et le Président du Conseil Européen Donald Tusk, le 7 mars à Bruxelles. Alain Jocard, AFP

L'UE s'est donné 10 jours pour finaliser un nouvel accord avec la Turquie concernant les migrants. Ankara propose de reprendre tous ceux arrivés en Europe via son territoire en échange notamment de davantage d'aide financière.

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Lors du sommet organisé à Bruxelles, les chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne ont salué lundi 7 mars l'offre de la Turquie, qui propose de reprendre tous les migrants "économiques" ainsi que les réfugiés syriens. Ils ont donné leur accord de principe aux demandes d'Ankara, qui réclame en échange davantage d'aide
financière et l'accélération des négociations d'adhésion. L'UE s'est donné 10 jours pour finaliser un nouvel accord.

"Avec cette offre susceptible de changer la donne, notre objectif est de décourager les migrations illégales, de lutter contre les passeurs, d'aider les gens qui veulent venir en Europe en encourageant la migration légale d'une manière disciplinée et régulière," a expliqué le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet.

"La vague d'émigration est terminée"

Dans leur déclaration finale, les dirigeants européens "saluent chaleureusement" ces propositions. Pour Donald Tusk, président du Conseil européen, la mise en œuvre de ce plan permettra de montrer à ceux qui veulent gagner l'Europe pour des raisons économiques qu'il est désormais inutile de tenter la traversée. "La vague d'émigration clandestine vers l'Europe est terminée", a-t-il assuré.

"Nous avons la base pour une percée, à savoir qu'à l'avenir, tous les migrants qui arrivent en Grèce seront renvoyés en Turquie", a pour sa part réagi le Premier ministre britannique David Cameron. "La proposition turque est une percée, si elle est mise en œuvre, pour casser l'idée selon laquelle il suffit de monter dans un bateau pour s'installer en Europe", a quant à elle commenté la chancelière allemande Angela Merkel.

François Hollande, lui, a parlé d'une solution "à la fois est efficace et humaine parce qu'elle n'empêchera pas la réinstallation de réfugiés".

 

Pour Caroline de Camaret, spécialiste des questions européennes pour France 24 , il s’agit "d’ une idée très originale certes, mais peut-être en contradiction avec certaines conventions internationales". "Certaines ONG ne sont pas tout à fait contentes de l’image que cela donne de l’Europe comme terre d’accueil", note-t-elle après cette proposition de la Turquie.

Des contreparties pour la Turquie

En échange, les Européens s'engagent à reprendre, par des voies légales et sûres, le même nombre de réfugiés syriens directement depuis le sol turc. Quelque 70 000 places théoriques, déjà réparties entre les 28 l'an dernier, serviraient à accueillir ces réfugiés, selon une source européenne.

Le Premier ministre turc a également demandé le doublement d'ici 2018 de l'aide européenne de trois milliards d'euros promises pour contribuer à l'accueil des réfugiés syriens en Turquie.

Ahmet Davutoglu a par ailleurs demandé à l'UE d'avancer à juin 2016 au plus tard la levée de l'obligation de visa pour les citoyens turcs, dont le principe avait déjà été accepté, à condition qu'Ankara respecte les 72 conditions définies. L'UE demande notamment la modification des règles turques d'attribution de visas aux ressortissants de pays musulmans et l'introduction de passeports biométriques.

Ankara a créé la surprise en mettant la surprise en mettant sur la table de nouvelles propositions, mais aussi en posant de nouvelles exigences. Face à des Européens totalement désespérés par rapport à la crise migratoire, la Turquie était clairement en position de force », analyse la correspondante de France 24 à Bruxelles Kattalin Landaburu.

Les détails de ce plan présenté par le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu restent cependant à préciser et les Vingt-Huit souhaitent y travailler pour parvenir à un accord en bonne et due forme avec la Turquie lors de leur prochain sommet, les 17 et 18 mars.

Avec AFP

Agence Ide

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