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Gouvernement d’union nationale libyen : les Occidentaux attendent des résultats

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, avec ses homologues français et italien, Jean-Marc Ayrault et Paolo Gentiloni, lors d'une réunion à Bruxelles le 14 mars.
Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, avec ses homologues français et italien, Jean-Marc Ayrault et Paolo Gentiloni, lors d'une réunion à Bruxelles le 14 mars. John Thys, AFP

Le Conseil présidentiel libyen, soutenu par l'ONU, a proclamé samedi l'entrée en fonction d'un gouvernement d'union. Plusieurs pays occidentaux lui ont apporté leur soutien et menacé de sanctions les opposants à la réconciliation nationale.

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Les États-Unis, la France, l'Italie, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont appelé dimanche le nouveau gouvernement libyen (encore basé à Tobrouk) à s'installer rapidement à Tripoli et a menacé les opposants à la réconciliation nationale de sanctions. Réunis à Bruxelles lundi 14 mars, les Européens doivent notamment les définir.

Le conseil présidentiel, composé de membres de factions rivales libyennes, a proclamé samedi l'entrée dans ses fonctions du gouvernement d'union nationale qu'appelle de ses vœux l'ONU, bien qu'un vote de confiance requis du Parlement n'ait pas eu lieu.

Il a dit se baser sur le soutien d'une centaine de membres du Parlement reconnu par la communauté internationale. Faute de quorum, ce Parlement, basé à Tobrouk (est), n'a pu se réunir en février pour voter la confiance. La France pointe la responsabilité du président de la chambre, Aguila Salah, dans ce blocage.

"Nous appelons toutes les institutions publiques libyennes à faciliter un transfert ordonné et pacifique du pouvoir afin que les nouveaux dirigeants libyens puissent commencer à gouverner à partir de la capitale", a déclaré le secrétaire d'État américain, John Kerry, à l'issue d'une réunion à Paris.

L'appui d'une partie des responsables politiques libyens au gouvernement d'union nationale de Fayez al-Sarraj doit "se traduire rapidement par de premières mesures pour établir ce gouvernement à Tripoli", a ajouté son homologue italien, Paolo Gentiloni.

Menace de sanctions pour les opposants au processus de réconciliation

Les ministres des Affaires étrangères des cinq pays représentés à la réunion de Paris, ainsi que la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, ont en outre évoqué l'éventualité de sanctions contre ceux qui s'opposent au processus.

"Nous travaillons à cela avec l'Union européenne et avec les États-Unis pour adopter rapidement des sanctions si cela s'avère nécessaire", a déclaré le ministre français, Jean-Marc Ayrault.

Les 28 ministres des Affaires étrangères de l'UE réunis lundi à Bruxelles se penchent ainsi sur l'adoption de sanctions, demandée par Paris. Ces sanctions, qui pourraient comprendre des gels d'avoirs et des interdictions de voyager dans l'UE, viseraient, outre M. Salah, le président du Parlement de Tripoli, Nouri Abou Sahmein, et le chef du gouvernement de Tripoli, Khalifa al-Ghweil.

La Libye est actuellement déchirée entre deux gouvernements qui se disputent le pouvoir. L'un, basé à Tripoli, la capitale, n'est pas reconnu par la communauté internationale. L'autre, basé dans l'est du pays, est le seul reconnu à ce jour, internationalement.

Le pays risque de se trouver avec un troisième gouvernement dirigé par l'homme d'affaires libyen Fayez al-Sarraj qui se trouve au Maroc et dont les ministres pressentis sont éparpillés dans différentes régions et certains hors de Libye.

Depuis la chute de son dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est en proie au chaos, déchirée par les violences entre factions armées. Une instabilité dont profite le groupe jihadiste État islamique (EI), pour accroître son influence. Les Occidentaux, inquiets de l'implantation de l'EI à seulement 400 km des côtes italiennes, se disent prêts à contribuer au rétablissement de la sécurité en Libye à condition qu'un gouvernement d'union en fasse la demande.

Avec AFP

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