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L'Argentine rend hommage aux victimes de la dictature, 40 ans après le coup d'État

Le général Jorge Rafael Videla devenu président de l'Argentine, après avoir prêté serment, le 29 mars 1976 à Buenos Aires.
Le général Jorge Rafael Videla devenu président de l'Argentine, après avoir prêté serment, le 29 mars 1976 à Buenos Aires. AFP, archives

L'Argentine commémore le 40e anniversaire du coup d'État de 1976, point de départ de sept années de répression. Quelque 30 000 personnes sont mortes ou ont disparu sous le régime militaire argentin.

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Le 24 mars 1976, Isabel Peron, présidente de l'Argentine, était renversée par un coup d’État dirigé par Jorge Videla, le commandant en chef de l’armée qu’elle avait elle-même nommé. En prenant le pouvoir, le général instaure une dictature militaire répressive et sanglante qui durera sept ans. Quelque 30 000 personnes sont mortes ou ont disparu sous ce régime militaire.

Quarante ans après le coup d’État, cette période sombre est toujours un sujet particulièrement sensible en Argentine. Au Parc de la mémoire, la liste des personnes tuées ou portées disparues fait figure de cicatrice. Au total, près de 9 000 noms sont gravés sur les murs de ce lieu, qui borde l'estuaire du Rio de la Plata, où des opposants ont été jetés, parfois vivants, depuis des avions militaires.

Une visite américaine controversée

Ce triste anniversaire coïncide en 2016 avec la visite du président américain Barack Obama. Sa venue a suscité la colère des militants anti-dictature. Pensant que les militaires étaient le meilleur rempart contre l'avancée de mouvements de gauche, Washington avait en effet soutenu de nombreuses dictatures en Amérique latine, et en Argentine, avant que le démocrate Jimmy Carter imprime un virage démocratique.

"Nous n'autoriserons pas la puissance qui a orchestré l'avènement de dictatures en Amérique latine et l'oppression des peuples à travers le monde puisse se racheter en utilisant la mémoire de nos 30 000 compatriotes assassinés au nom de son projet impérialiste", a ainsi expliqué dans un communiqué une association de défense des familles de victimes.

En réponse à ces critiques, la Maison Blanche a annoncé l’ouverture des archives de la CIA et de l'armée américaine sur cette "guerre sale" en Argentine. Interrogé à ce sujet, Barack Obama n'a pas explicitement fait de mea culpa, demandé pardon ou admis le lien de son pays avec la dictature.

Il a cependant souligné, mercredi 23 mars, que l'époque des changements forcés était révolue, que les États-Unis, n'étaient "pas à court d'autocritique" et dit préférer "la démocratie à la dictature". En signe d’apaisement, le président américain doit se rendre au Parc de la Mémoire. C'est la première fois qu'un président des Etats-Unis rendra hommage aux victimes de la dictature. 

Avec AFP et Reuters

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