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La start-up israélienne Cellebrite aiderait le FBI à déchiffrer l'iPhone du tireur de San Bernardino

Apple et le FBI s’affrontent depuis le 17 février autour de la sécurité des données stockées sur l’iPhone d’un des tireurs de San Bernardino.
Apple et le FBI s’affrontent depuis le 17 février autour de la sécurité des données stockées sur l’iPhone d’un des tireurs de San Bernardino. Jewel Samad, AFP

Dans son combat contre Apple, le FBI aurait demandé à une start-up israélienne, Cellebrite, de l'aider à récupérer des données sur l'iPhone du tireur de San Bernardino, qui a tué, le 2 décembre, 14 personnes dans un centre de services sociaux.

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Une start-up israélienne à la rescousse du FBI dans sa bataille contre Apple ? Au cœur d'une bataille juridico-médiatique entre les autorités américaines et le géant de l'électronique grand public, Cellebrite aurait en effet été approchée par l'agence américaine pour l'aider à déchiffrer l'iPhone du tireur de San Bernardino, qui a fait 14 morts le 2 décembre, d'après le journal israélien Yedioth Ahronoth.

Contacté par plusieurs médias américains, ni le FBI ni Cellebrite n'a voulu confirmer la nature de leurs rapports. La société israélienne a simplement reconnu travailler avec les autorités américaines, mais sans préciser dans quelle affaire.

L'UFED à la rescousse

Reste que l'appel au secours adressé à Cellebrite n'étonnerait pas. La start-up, fondée en 1999, a la réputation d'avoir les moyens de faire parler les iPhone. Elle se vante même sur son site Internet d'avoir développé une "technologie unique" afin de contourner la sécurité des iPhone et récupérer des données censées être sécurisées sur le smartphone.

Cette description correspond à la virgule près, ou presque, à l'affaire qui oppose le FBI à Apple. L'agence fédérale essaie d'obtenir la collaboration de la marque à la pomme pour accéder aux données sécurisées, qui se trouvent sur le téléphone de l'un des tireurs de San Bernardino. Apple refuse de peur d'établir un précédent dangereux pour les données personnelles de ses clients.

Cellebrite viendrait donc faire le travail d'Apple à la place d'Apple. Leur solution s'appelle UFED (Universal forensic extraction device), une sorte de valise à tout faire pour aller extraire des données de toutes sortes d'appareils (tablette, GPS, téléphone) et programmes (WhatsApp, etc.).

L'efficacité de leur technique est mondialement reconnue. Cellebrite assure collaborer avec 15 000 "forces de sécurité" sur les quatre continents, mais sans vouloir entrer dans le détail. Le quotidien allemand "Süddeutsche Zeitung" a retrouvé la trace de plusieurs contrats passés par Cellebrite. Ainsi, le gouvernement croate a sollicité leur aide pour forcer la sécurité de smartphones dans une affaire de pédophilie en 2012. La police bavaroise a acheté 14 licences d'UFED pour 377 000 euros en 2015 pour des tâches de "réparation et investigation". Le chiffre d'affaires de cette société israélienne dépasse les 100 millions de dollars, souligne le quotidien économique "Les Échos".

Échec des autorités américaines

Ce savoir-faire n'a pas échappé au géant japonais de l'informatique Sun, qui a racheté Cellebrite en 2007 pour un montant inconnu. La nouvelle maison mère de la start-up lui a laissé son autonomie opérationnelle et lui a permis de rester en Israël.

Si Cellebrite perce la sécurité de l'iPhone du tireur de San Bernardino, les enquêteurs obtiendraient ce qu'ils cherchaient. Mais pour les autorités américaines, ce serait un échec. Le FBI - soutenu par le président américain Barack Obama - voulait, à travers cette affaire, améliorer la collaboration avec les géants de l'Internet. Depuis les révélations sur l'espionnage à grande échelle de la NSA, en 2013, les grands groupes de la Silicon Valley essaient de renforcer la protection des données personnelles de leurs clients, au grand dam des autorités policières. Le fait que les autorités américaines ont dû se résoudre à faire appel à un spécialiste du "piratage" légal des iPhone prouve que le fossé entre les deux mondes est encore grand.

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