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Changer d'heure ne fait pas spécialement baisser la facture d'énergie

BLOOMBERG / GETTY IMAGES

Deux fois par an, nous changeons d'heure, officiellement pour des raisons d'économie d'électricité. Pourtant, aucune statistique avérée ne confirme cet effet.

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À partir de ce dimanche 29 octobre, nous vivrons à l’heure d’hiver. Montres et horloges vont être reculées pour passer de 3 heures à 2 heures du matin entre samedi et dimanche ce week-end. Mais cette valse biannuelle des aiguilles a-t-elle vraiment prouvé son efficacité ?

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Instauré en 1976 sur fond de crise pétrolière, l’objectif du changement d'heure était d’aligner les heures d’activité humaine avec les heures d’ensoleillement pour faire coïncider le jour et la journée. L'idée était de limiter ainsi les dépenses liées à l’éclairage. Mais en 2016, 77 % des Français ne comprennent toujours cette mesure, selon un sondage réalisé mi-mars par OpinionWay.

Une économie d'énergie non significative

Pour avoir une idée des économies d'énergie réalisées grâce à ce changement d'heure, il faut aller du côté des dernières statistiques... qui remontent à 2010.

À cette époque, l'Ademe indiquait que changer d'heure avait permis d'économiser 440 GWh en 2009. Or, "un gigawatt-heure, c’est un millième d’un terawatt-heure", rappelle Reporterre.

Des "troubles psychiques mineurs" lié à ce "décalage horaire"

Sachant que "la consommation électrique en France était, en 2014, de 465 terawatt-heure, ou de 465 000 gigawatt-heure, selon la synthèse annuelle établie par RTE", "l’économie d’énergie alléguée est donc, à 0,07 %, de moins de un dix millième : c’est négligeable, et même non significatif, compte tenu de la marge d’erreur de toute étude de ce type".

Une mesure qui n'a jamais réussir à convaincre

Les Français sont donc nombreux à douter de l'utilisé du changement d'heure. Pire, ils s'en plaignent, dénonçant notamment ses effets sur l'organisme. "En rognant sur le sommeil, cette sorte de "décalage horaire" peut provoquer des "troubles psychiques mineurs"", comme l'a expliqué le docteur Michel Lecendreux au Huffington Post, qui ajoute que l'"on peut observer une baisse de moral ou encore une certaine irritabilité".

Devant ce scepticisme généralisé, la ministre de l'Environnement et de l'Énergie s'était emparée du sujet en mars 2015, en annonçant que le gouvernement étudierait la question :

Dans la foulée, Ségolène Royal promettait une étude de l'Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) ainsi qu'un débat public afin de discuter de la pertinence de l'heure d'été. Un an après, ces promesses sont restées vaines.

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