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Un artiste coréen soupçonne La Poste d'avoir volé sa toile et mène l'enquête

Im Sebyoung

Lim Sae-Byung, un jeune artiste coréen résidant en France depuis six ans, tente par tous les moyens de retrouver une gigantesque fresque volée alors qu'elle était envoyée par colis de France en Corée. Son suspect numéro un ? La Poste.

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"Bonjour, aujourd'hui c'est le 31 mars et mon dessin a été volé depuis 127 jours." 

Sur sa page Facebook "도난 당한 그림을 찾습니다/Je recherche mon dessin volé", l’artiste coréen ImSebyoung s’active pour retrouver sa dernière création dont il a perdu la trace depuis décembre 2015.

Ce Coréen de 29 ans, diplômé des Beaux-Arts de Versailles, s'est lancé il y a maintenant trois ans dans la réalisation d’une gigantesque fresque de 10 mètres de long et de 1,5 mètre de large. Minutieusement dessiné à l’encre noir, un paysage imaginaire mêle villes et symboles de l’Orient et de l’Occident traversés par une rivière qui forme la phrase "la vie s’écoule" en alphabet coréen. Pourtant encore inachevée, la toile a disparu. 

Sur la piste de la Poste

Le 25 novembre 2015, Lim se rend à la poste de la rue Georges-Clémenceau à Versailles pour expédier son œuvre en Corée du Sud, où il prépare une exposition. La fresque est soigneusement emballée dans un tube robuste et le colis est bien réceptionné par la mère de l’artiste à Chéon, en Corée, le 2 décembre. Le 4, Lim arrive en Corée et constate que l’extrémité du tube a été découpée et recollée avec de la bande adhésive "La Poste".

Une fois le ruban retiré, surprise : le tube est vide, la fresque a disparu. Seul subsiste au fond du carton le papier bulle qui avait servi à protéger l’œuvre. Lim vient de perdre trois ans de travail. L'enquête commence.

À son arrivée en Corée du Sud, le colis pesait 1,6 kg au lieu de 3,9 kg lors de l'envoi. L’artiste soupçonne donc La Poste française d’être à l’origine du vol. Sur le suivi de son envoi, il constate que l’emballage de son colis a été "renforcé" à la plate-forme de distribution et de tri "Briarde", située en Seine-et-Marne, le 26 novembre.

Sur Internet, la dite plate-forme est décrite comme le "Triangle des Bermudes des colis" et fait l’objet de nombreuses plaintes et pétitions en ligne. En février, un de ses employés a même été arrêté après avoir été pris en flagrant délit de vol par une des caméras de vidéo-surveillance du site. Peut-être le voleur de Lim ?

Mashable FR a essayé de contacter la plate-forme en question mais le service consommateur de La Poste nous a expliqué que les clients ne peuvent plus joindre directement les plateformes de distribution depuis 2014. Quand on pose la question de possibles échos de vols dans le centre de distribution "Briarde", au bout du fil on répond froidement : "Je ne peux pas confirmer cette information."

Une seule solution : porter plainte

Lim a bien sûr respecté la procédure et envoyé une lettre de réclamation à La Poste qui s’est excusée du désagrément et a offert un chèque de 118 euros à l’artiste pour le dédommager de sa perte. Mais Lim n'encaissera pas ce chèque. La valeur de son tableau a été estimée à 124 000 euros par un expert et pour le jeune Coréen, l’œuvre a surtout une valeur sentimentale. "Cette oeuvre est pour moi la principale, et les autres n'auront pour moi aucune signification sans celle-la", a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Face à la complexité des procédures administratives et à la réponse insatisfaisante de La Poste, Lim dépose plainte pour vol contre l'entreprise au commissariat de Versailles à la fin du mois de janvier 2016. Aidé par des amis et par l’ambassade de Corée en France, il placarde dans des laveries, des cafés et des restaurants à Paris des avis de recherches et mobilise les réseaux sociaux pour retrouver son tableau.

Malgrè tous ces efforts, toujours aucune trace de la ville imaginaire de Lim.

Si l’enquête n’aboutit pas, Lim Sae-Byung compte monter une plateforme de crowdfunding pour financer les frais d’avocats qu'il compte engager dans la bataille judiciaire qu’il vient d'entammer avec La Poste. En attendant, il s’est lancé dans un nouveau projet, "Île de nuit", pour exprimer le mal-être profond qu'il éprouve après avoir perdu le fruit des trois dernières années de sa vie. 

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