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Loi Travail : ce 31 mars, la jeunesse était dans la rue

Des lycéens dans les rues de Paris pour manifester contre la loi Travail, le 31 mars 2016.
Des lycéens dans les rues de Paris pour manifester contre la loi Travail, le 31 mars 2016. Émilie Laystary

Ce jeudi 31 mars a eu lieu la grande marche contre le projet de loi El Khomri. Selon les syndicats, 1,2 million de manifestants ont défilé en France, soit le double du chiffre revendiqué après la mobilisation du 9 mars.

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Les organisations syndicales étudiantes avaient prévenu : les manifestations des 9, 17 et 24 mars n’étaient "que des tours de chauffe". Elles sont donc venues grossir les rangs des salariés dans la rue. Malgré la pluie, l’Une, la Fidl, le SGL, l’UNL, les jeunes CGT, Solidaires Étudiants, Génération Précaire, Maison des Potes, NPA Jeune, les jeunes Socialistes, les jeunes Communistes et les jeunes Écolos ont battu le pavé pour exiger le retrait du texte.

Lycées bloqués

Au total, ce sont plus de 200 lycées qui ont été bloqués partout dans le pays. À Paris, par mesure de sécurité certains proviseurs ont annoncé la fermeture des établissements scolaires dès hier. Une façon de prévenir tout débordement, après l’incident en marge de la manifestation de la semaine passée lors duquel un jeune s’est fait frapper par un CRS.

"Puisqu’il n’y avait rien à bloquer, certains ont décidé de ne pas venir. On était moins nombreux ce matin devant les grilles… Mais quand même sur-motivées à aller manifester. C’est le jour J, aujourd’hui !", explique Marion, en première S au lycée Henri IV, assise sur un bloc de béton au centre de la place d’Italie.

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À côté d’elle, des lycéens du lycée Pierre-Gilles de Genne s’agitent, de bonne humeur : "C’est la première fois qu’on bloque… Mais vu les circonstances, il le fallait !"

Crispations

À Paris, au départ de la manifestation prévu place d’Italie, les manifestants sont nombreux à chercher un coin au sec sous les tentes des vendeurs de merguez. "On va finir par les avoir à l’usure", lance Jérémy, un panneau "Loi El Khomri, quelle connerie…" accroché à son sac à dos.

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"Mais on ne va pas se faire avoir ! Au moindre débordement : dispersions ! Pas moyen d’être décrits demain dans les médias comme des casseurs !", rétorque une femme dans son imperméable CGT à un groupe de jeunes avec un écriteau "Police, dégagez".

Il faut dire que le défilé n’avait même pas eu le temps de quitter la place d’Italie pour rejoindre celle de la Nation que la police avait déjà procédé à une dizaine d’interpellations. Des "individus gantés et cagoulés qui viennent se mêler aux manifestants", a commenté la préfecture de police.

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Tout au long du boulevard de l’Hôpital et jusque la gare d’Austerlitz, le cortège avance calmement, sans heurts. Mais contrairement aux mobilisations précédentes, chaque carrefour est occupé par des convois de police et on sent l’atmosphère plus tendue qu’avant. "Il nous reste peu de temps avant que ce projet de loi ne passe. C’est de notre avenir qu’il s’agit !", estime Mathieu, 29 ans, qui se décrit comme un "précaire créatif" depuis sa sortie d’école.

Quelques fumigènes se font remarquer, auquels les policiers répondent par des tirs de gaz lacrymogène. Petit à petit, la pluie décourage quelques vagues de manifestants, que l’on voit s’abriter sous les préaux des entrées ou les terrasses des cafés. Mais le cortège est constamment rejoint par de nouveaux manifestants. Les parapluies remplacent progressivement les panneaux, mais les camions des syndicats redoublent d’enthousiasme pour maintenir la foule en rangs motivés.

Près de la gare de Lyon, des incidents ont été déplorés. "Nous ne sommes pas venus pour casser", assure Lucie, 22 ans. En fin de défilé, la masse bigarrée de manifestants se disperse sur la place de la Nation encerclée par les cordons de CRS. "Rendez-vous les 5 et 9 avril pour continuer la lutte", hurle un jeune homme au mégaphone. "Nous ne voulons pas d’un texte amendé, nous exigeons juste son retrait !"

À Lille, des altercations entre manifestants et forces de l'ordre ont été signalées. 

À Toulouse, un jeune photographe s'est retrouvé aux urgences après avoir reçu un coup de matraque. "J'étais en train de prendre des photos lorsque les CRS ont chargé. J’ai eu le temps de me retourner pour agiter mon brassard et de leur crier que j’étais de la presse. Mais je me suis rapidement retrouvé au sol. J’ai reçu des coups de boucliers de toutes parts et surtout un coup de matraque sur le crâne. Ça m’a complètement sonné", rapporte-t-il à metronews.

 

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