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L'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj acquitté par le TPIY

Alexa Stankovic, AFP

Le TPIY a acquitté jeudi l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj de toutes les accusations qui pesaient contre lui pour son rôle dans les guerres qui déchirèrent l'ex-Yougoslavie. Un acquittement surprise, dénoncé par la Croatie.

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C'est une surprise qui n'est pas du goût de tout le monde. Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) a décidé jeudi 31 mars d'acquitter l'ultranationaliste serbe Vojislav Sesekj de toutes les accusations qui pesaient contre lui pour son rôle dans les guerres qui déchirèrent l'ex-Yougoslavie dans les années 90. La Croatie s'est empressée de dénoncer cette décision.

"L'accusation n'a pas présenté de preuves suffisantes pour établir que les crimes ont été commis", a déclaré le juge Jean-Claude Antonetti en guise d'explications, lors du prononcé du jugement à La Haye. "Avec cet acquittement sur l'ensemble des neuf chefs d'accusation, le mandat d'arrêt n'a plus d'objet: Vojislav Seselj est donc un homme libre à la suite de ce verdict", a-t-il ajouté.

Pour le TPIY, Seselj n'était pas "le chef hiérarchique"

Vojislav Seselj, ancien député serbe connu pour sa violence verbale, était accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre pour avoir, selon le procureur du TPIY, "propagé une politique visant à réunir tous 'les territoires serbes' dans un État serbe homogène, qu'il appelait la 'Grande Serbie'".

Selon l'accusation, Seselj était donc responsable de multiples meurtres, persécutions, transferts forcés, et tortures notamment, commis en Bosnie, Croatie et Serbie.

Mais pour les juges du TPIY, bien que des crimes aient été commis, Vojislav Seselj n'était pas "le chef hiérarchique" des milices de son parti placées sous le contrôle de l'armée régulière, et ne peut donc pas être "pénalement responsable" de leurs actes. Le dossier de l'accusation est basé sur des "confusions, des imprécisions et des ambigüités", ont ajouté les juges, accusant le bureau du procureur d'avoir eu une approche "maximaliste et fourre-tout".

Laurent Rouy, correspondant de France 24 à Belgrade rappelle que "Seselj était très présent dans les années 90 et a fait beaucoup de discours de haine, appelant les volontaires à combattre sur les différents front. Toutefois, il était plus dans le discours, le geste politique, et n'était pas un chef de guerre".

"Seselj était plus dans le discours, le geste politique, et n'était pas un chef de guerre".

"De nombreuses victimes déçues"

"De nombreuses victimes et communautés seront déçues par ce jugement", a regretté pour sa part le procureur du tribunal, le Belge Serge Brammertz. "Nous allons examiner le raisonnement des juges et déterminer s'il y a lieu d'interjeter appel", a-t-il affirmé à des journalistes, ajoutant : "Ce n'est pas la première fois que nous recevons un jugement surprise".

La Croatie, elle, a dénoncé un verdict "honteux" : Seselj est l'homme "qui est l'auteur du mal et qui n'a montré aucun remord, ni à l'époque, ni aujourd'hui", a affirmé le Premier ministre croate Tihomir Oreskovic.

Ce jugement intervient une semaine après la condamnation de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, à 40 ans de prison pour génocide et neuf autres accusations de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

C'est la première fois que les juges du TPIY rendent un jugement de première instance en absence de l'accusé, après avoir accepté son absence pour "raisons de santé". Opéré d'un cancer du côlon à plusieurs reprises, il avait été libéré de manière provisoire en 2014.

Seselj, 61 ans, s'était rendu volontairement au TPIY en 2003. Son procès s'était ouvert en 2007 et après 175 jours d'audience, le procureur avait requis 28 ans de détention. Pendant son procès, il a été condamné à trois reprises - à deux ans, 18 mois et 15 mois de prison - après avoir divulgué des informations confidentielles concernant des témoins protégés qui avaient déposé.

Fin mars, Seselj, qui conduit la liste de son parti pour les législatives anticipées du 24 avril, avait défié l'Occident lors d'une manifestation en incendiant les drapeaux de l'Otan, de l'Union européenne, des États-Unis et du Kosovo.

Avec AFP

 

 

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