Accéder au contenu principal

Ultime sursaut de la gauche brésilienne pour tenter de sauver Dilma Rousseff

Des syndicalistes et partisans du Parti des travailleurs manifestent le 31 mars 2016 à Porto Alegre en soutien à la présidente Dilma Rousseff.
Des syndicalistes et partisans du Parti des travailleurs manifestent le 31 mars 2016 à Porto Alegre en soutien à la présidente Dilma Rousseff. Jefferson Bernades, AFP

Des sympathisants du Parti des travailleurs brésilien ont manifesté, jeudi, contre la procédure de destitution en cours visant la présidente Dilma Rousseff. Les militants de gauche espèrent que leur action influencera le vote des députés indécis.

Publicité

La gauche brésilienne est descendue dans la rue pour manifester, jeudi 31 mars, contre la procédure de destitution en cours visant la présidente Dilma Rousseff. Dans une trentaine de villes, des sympathisants du Parti des travailleurs (PT) espéraient que leur mobilisation contribuerait à influencer les députés qui hésitent encore à voter pour ou contre la destitution de la dirigeante de gauche, lors d'un vote crucial attendu mi-avril.

L'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), prédécesseur et mentor politique de Dilma Rousseff, n'est finalement pas apparu comme annoncé à la manifestation dans la capitale Brasilia, qui a rassemblé environ 50 000 personnes devant le Congrès des députés.

>> À lire sur France 24 : Webdoc : Petrobras, les dessous d'un scandale

L'ex-président, soupçonné de corruption dans le cadre du scandale Petrobras, a récemment remporté une victoire dans son bras de fer avec le juge Sergio Moro. Le Tribunal suprême fédéral (STF) a en effet retiré au moins provisoirement des mains de ce juge anticorruption le volet de son dossier concernant Lula, car il contient des écoutes téléphoniques où apparaissent la présidente Rousseff et des ministres protégés de la justice ordinaire par leur immunité.

La menace, déjà grande, pesant sur Dilma Rousseff, cette ex-guérillera marxiste torturée sous la dictature militaire, s'est dramatiquement accrue mardi quand le grand parti centriste PMDB a claqué avec fracas la porte de sa coalition chancelante. Le parti fait ainsi le jeu de son dirigeant, le vice-président Michel Temer, qui succèderait à Dilma Rousseff jusqu'aux élections de 2018 si la procédure arrivait à son terme.

"Recomposer une base parlementaire alliée et empêcher le PMDB d'obtenir 342 votes"

L'opposition reproche à l’actuelle présidente d'avoir fait supporter par des banques publiques des dépenses supplémentaires non inscrites au budget en 2014 et 2015. Elle aurait ainsi sciemment maquillé les comptes publics pour dissimuler l'ampleur des déficits et favoriser sa réélection en 2014, se rendant coupable d'un "crime de responsabilité" prévu par la Constitution.

À quelques semaines du vote, la partie se joue surtout dans les coulisses du Congrès des députés, où camp gouvernemental et camp pro-impeachment (procédure de destitution) courtisent les élus hésitants disposés à se vendre au plus offrant. Mi-avril, l'opposition devra obtenir les voix de 342 députés sur 513 - deux tiers - pour que la procédure se poursuive ensuite au Sénat, faute de quoi elle serait automatiquement enterrée.

Pour les alliés de Rousseff, "la stratégie est double : essayer de recomposer une base parlementaire alliée et empêcher le PMDB d'obtenir 342 votes", a expliqué une source gouvernementale à l'AFP. En clair, la gauche en difficulté drague les députés des partis divisés du "grand centre" mou de sa coalition.

Le camp de l’impeachment courtise les mêmes élus en leur promettant à son tour des postes dans un futur gouvernement de transition. Ce grand marchandage devrait durer jusqu'à la veille d'un vote qui s'annonce indécis jusqu'au bout.

Avec AFP
 

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.