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Accord UE-Ankara : la Turquie se hâte de construire des centres pour migrants

Un enfant migrant regarde par la fenêtre d'un bus, alors que les garde-côtes ont intercepté des migrants tentant de se rendre en Grèce.
Un enfant migrant regarde par la fenêtre d'un bus, alors que les garde-côtes ont intercepté des migrants tentant de se rendre en Grèce. Ozan Kose, AFP

Les autorités turques préparent des centres d'enregistrement pour les migrants, qui doivent être renvoyés depuis la Grèce à partir de lundi, conformément à l'accord UE-Ankara, destiné à réduire le flux migratoire.

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L'accord UE-Ankara signé le 20 mars destiné à réduire le flux migratoire en Europe, doit entrer en vigueur lundi 5 avril et un premier groupe de migrants sera ainsi renvoyé de Grèce vers la Turquie. 

Les autorités turques, qui attendent le retour de migrants syriens ou d'autres nationalités, se hâtent de préparer des centres d'enregistrement, alors que les détails sont rares sur les conditions précises de ces retours.

Quelque 750 migrants devraient quitter l'île grecque de Lesbos vers le port turc de Dikili, entre lundi et mercredi, à bord de deux navires turcs opérés par l'agence Frontex, chargée des frontières extérieures de l'Union européenne (UE), avançait samedi l'agence de presse grecque ANA.

Les premiers migrants pourraient être accueillis dans un complexe sportif

Des élus locaux de Dikili, situé juste en face de Lesbos, ont fait savoir qu'ils préparaient un centre d'accueil pour les migrants renvoyés de Grèce. Mais des images diffusées sur la chaîne turque NTV vendredi montraient un terrain vide sur le site envisagé.

Selon le quotidien Milliyet, en attendant que ce centre soit prêt, les premiers migrants pourraient être accueillis dans un complexe sportif de la ville.

Plus au Sud, des travaux ont été lancés dans la station balnéaire de Cesme (province d'Izmir), qui fait face à l'île grecque de Chios, l'une des destinations ciblées par de nombreux migrants, a indiqué son maire. Conduites d'eau et câbles électriques étaient installés dans un espace de 500 mètres carrés près du port, qui servira de centre, a précisé le maire Muhittin Dalgic à l'agence Anatolie. Il comptera des tentes dans lesquelles des fonctionnaires pourront prendre les empreintes des migrants et les enregistrer, ainsi que des sanitaires.

Des lieux de transit

Les responsables turcs insistent sur le fait que ces centres ne sont pas voués à rester dans la durée, et ne sont que des lieux de transit à partir desquels les migrants pourront être rapidement envoyés dans des camps de réfugiés.

"Une fois qu'ils sont enregistrés et que leur état de santé a été vu, ils seront envoyés vers des camps, précise le maire de Cesme. Nous ferons en sorte que ce processus soit rapide, pour qu'ils restent aussi peu longtemps que possible."

Les villes côtières très fréquentées de l'ouest de la Turquie redoutent qu'un afflux soudain de migrants ne fasse fuir les touristes, à quelques mois de la saison estivale.

En attendant, le Croissant-Rouge turc prépare un nouveau camp de réfugiés d'une capacité de 5 000 personnes plus loin dans les terres, à Manisa (ouest), le premier camp situé ailleurs que dans le sud et l'est du pays, pour faire face aux nouvelles arrivées, rapporte samedi la presse turque.

L'accord entre l'UE et la Turquie, qui accueille déjà 2,7 millions de réfugiés syriens, prévoit de "réinstaller", pour chaque migrant repris par Ankara, un Syrien dans un pays européen.

L'Allemagne a affirmé, vendredi, qu'un premier groupe de Syriens en provenance de Turquie, principalement des familles avec des enfants, était attendu dès lundi.

Peter Sutherland, conseiller spécial de l'ONU sur les migrations, s'est inquiété samedi que l'accord UE-Ankara puisse être "illégal", notamment s'il met en pratique des "expulsions collectives sans regard pour les droits individuels de ceux qui affirment être des réfugiés". Il espère aussi que les réfugiés syriens seront protégés à leur retour en Turquie avec "l'assurance de ne pas être expulsés ensuite vers la Syrie".

Avec AFP

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