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Ligne Paris-Téhéran : les hôtesses d’Air France refusent de devoir porter le voile

La compagnie aérienne Air France s’apprête à rouvrir la ligne Paris-Téhéran le 17 avril.
La compagnie aérienne Air France s’apprête à rouvrir la ligne Paris-Téhéran le 17 avril. Joe Ravi, Wikimedia Commons

Air France rouvre sa ligne Paris-Téhéran le 17 avril et tout son personnel navigant féminin n’apprécie pas de devoir porter le voile à la sortie de l’avion. Les syndicats demandent à ce que les hôtesses aient le choix de desservir cette destination.

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La compagnie aérienne Air France, qui s’apprête à rouvrir la ligne Paris-Téhéran le 17 avril, se trouve confrontée au mécontentement de syndicats de personnels navigants. Face à l’obligation, pour les hôtesses de la compagnie aérienne française, de porter un voile dès la sortie de l’avion dans la capitale iranienne, les organisations syndicales demandent que les employées puissent refuser la mission sans être sanctionnées. Car le refus d’une mission, chez Air France, entraîne une retenue salariale et est inscrit au dossier, "ce qui peut nuire à une carrière et empêcher de devenir chef de cabine", explique Françoise Redolfi, la secrétaire adjointe de l'Unsa PNC contactée par France 24.

"Quand on a appris la réouverture de la ligne, on a tout de suite alerté Air France car nous savions que la question du voile allait poser problème. La direction nous a opposé une fin de non recevoir et ça n’a pas raté : le 18 mars nous recevions un mémo interne où était détaillée la tenue pour cette ligne, à savoir un pantalon, une veste longue et l’obligation de se couvrir les cheveux à la sortie de l'avion", explique Françoise Redolfi.

"Qu’on garantisse leur liberté individuelle"

"Ne faisons pas de confusion : nous sommes très contents que cette ligne rouvre et nous sommes entièrement d’accord avec le fait d’accepter les us et coutumes des pays où nous atterrissons. On le fait depuis toujours, poursuit Françoise Redolfi. On demande seulement que les hôtesses aient le choix, qu’on garantisse leur liberté individuelle."

En guise de solution, le SNPNC (Syndicat national du personnel navigant commercial) propose "un principe de volontariat", comme l’a expliqué au Parisien.fr son secrétaire général adjoint, Christophe Pillet. "Ce volontariat éviterait le refus de mission et toutes les conséquences que cela peut avoir pour les personnels." 

Du côté d’Air France, on note que la loi iranienne "impose le port d'un voile couvrant les cheveux, dans les lieux publics, à toutes les femmes présentes sur son territoire". En outre, la compagnie rappelle que cette obligation existait déjà lorsqu’elle desservait Téhéran avant 2008, et que d’autres compagnies, telles que Lufthansa, l’appliquent aussi à leur personnel navigant.

Fallacieux

Un argument fallacieux, selon Françoise Redolfi, qui se souvient très bien que le port du foulard était obligatoire avant 2008 mais précise qu’à l’époque de l’ouverture de cette première ligne, les syndicats s’étaient déjà mobilisés contre cette obligation. À l'époque, la sénatrice communiste Nicole Borvo Cohen-Seat avait même soulevé cette question face au secrétaire d'État aux Transports et à la Mer, François Goulard. Sans succès.

La mobilisation actuelle aura-t-elle plus d’impact ? Air France assure en tout cas rester à l’écoute de ses employés : "Le dialogue est permanent", souligne la compagnie en interne, légèrement agacée par la polémique. Ce à quoi Françoise Redolfi rétorque que pour l’instant, la direction "campe sur ses positions".

Après consultation interne, une décision devrait être prise par la direction en début de semaine. En attendant, un troisième syndicat, l’Unac, s’est fendu d’une lettre à la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol, qui pourrait à son tour se saisir du problème.

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