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"Panama Papers" : comment Edward Snowden a fait fuiter la fuite avant tout le monde

mw2838/Flickr

Le Web surchauffait dimanche en début de soirée, prévenu de la sortie, par plusieurs médias, de révélations sur le monde de la finance. Mais l'informaticien a lâché le morceau plus tôt que prévu, coupant l'herbe sous le pied aux principaux intéressés.

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"Teaser : de l’anglais 'teaser', accroche, avant-goût. Phase initiale d'une campagne publicitaire se présentant sous forme d'énigme, destinée à susciter et à maintenir l'attention du public", nous dit le Larousse. 

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Depuis l’invention de la publicité et, plus particulièrement, depuis l’avènement des réseaux sociaux, l’art du "teasing", qui consiste donc à faire monter la mayonnaise avant la révélation d’une information ou d’une œuvre, est entré dans les pratiques courantes. Dimanche 3 avril, quelques heures avant la sortie fracassante d’un scoop de haut-vol – l’affaire des "Panama Papers" –, Twitter a eu droit à de formidables démonstrations de chauffage de salle. 

Pour preuve, la série de tweets (et on n'a pas tout mis) de Samuel Laurent, responsable des Décodeurs du Monde, rubrique consacrée au data-journalisme : 

Mais 12 minutes exactement avant la fin de l’embargo fixé à 20h par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), qui a épluché 9 mois durant les documents des archives de la société Mossack Fonseca, cabinet d’avocats panaméen florissant au cœur du scandale, un certain Edward Snowden a publié un tweet qui n'avait plus grand chose à voir avec un avant-goût :  

"La plus grosse fuite dans l’histoire du data-journalisme est en ligne, et il s’agit de corruption”, a-t-il écrit, suivi du lien vers la page du Süddeutsche Zeitung consacrée à l’affaire. Sauf qu’à l’heure où l’ancien employé de la NSA a posté son court message, aucun des médias de l'ICIJ – et surtout pas le Süddeutsche Zeitung, à l’origine de la révélation car contacté par un lanceur d’alerte dont l’identité reste protégée –, n’avait commencé à promouvoir directement ses articles. 

La page du Süddeutsche Zeitung était en réalité déjà en ligne, mais pas encore visible en page principale ou mise en avant sur les réseaux sociaux du journal. De son côté, Stefan Plöchinger, le rédacteur en chef du site web de la publication munichoise, a, quelques heures plus tard, fait part de sa réaction :

 "Fait amusant : Snowden a quasiment fait fuiter notre fuite, 12 minutes avant la deadline de 20h, avec ce tweet. #panamapapers"

En réalité, un certain Martin Hoffman, journaliste responsable des réseaux sociaux pour le journal Die Welt, postait 5 minutes avant Snowden le lien vers la page, notifiant d'un "Oups" qu'elle était déjà en ligne. Et à 19h56, le quotidien anglais The Guardian prenait lui aussi un peu d'avance sur ses confrères, comme le montre ce push capturé 4 minutes avant le début des hostilités. Oups.

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