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"Panama papers" : les Islandais réclament la démission du Premier ministre

Des Islandais manifestent devant le Parlement à Reykjavik pour réclamer la démission du Premier ministre, mis en cause par les "Panama papers".
Des Islandais manifestent devant le Parlement à Reykjavik pour réclamer la démission du Premier ministre, mis en cause par les "Panama papers". Halldor Kolbeins, AFP

Des milliers d'Islandais manifestent pour réclamer la démission du Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson, mis en cause par les "Panama papers". Il n'a pas déclaré une société créée dans les îles Vierges, où il a placé des millions de dollars.

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Sigmundur David Gunnlaugsson est dans la tourmente. Des milliers d'Islandais ont manifesté lundi 4 avril contre le Premier ministre islandais mis en cause par les "Panama papers". Ces documents ont révélé ses avoirs dans un paradis fiscal, qu'il avait dissimulés.

Selon des documents dévoilés par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), le chef du gouvernement de 41 ans, a créé en 2007 avec sa future épouse une société dans les îles Vierges britanniques, appelée Wintris, pour y placer des millions de dollars. Fin 2009, il cède à cette dernière ses parts pour un dollar symbolique. Quand il a été élu député pour la première fois en avril 2009, il a omis cette participation dans sa déclaration de patrimoine, alors que la loi l'y obligeait.

L'opposition de gauche a déposé lundi une motion de défiance qui doit être soumise au vote à une date qui reste à déterminer.

Gunnlaugsson se défend et exclut de démissionner

L'affaire est extrêmement sensible dans un pays marqué par les excès des années 2000, où un secteur financier euphorique et ses dirigeants usaient et abusaient des sociétés écrans.

La défense du chef de gouvernement est simple : lui n'a jamais caché d'argent à l'étranger, et sa femme est en règle avec le fisc islandais. "Elle n'a jamais utilisé de paradis fiscal", a-t-il écrit sur son site internet. "Je n'ai pas envisagé de démissionner à cause de cela et je ne démissionnerai pas à cause de cela", a-t-il insisté lundi après-midi.

Mais durant la manifestation, il a affirmé à la télévision publique RUV regretter de ne pas avoir révélé plus tôt cette participation.

Cette manifestation à Reykjavik a rassemblé plus de monde que celles qui en 2009, après la révélation des graves manquements des responsables politiques dans la surveillance des banques, avaient poussé le gouvernement de droite à la démission, selon la police, qui n'a pas précisé de décompte.

Une position intenable

Fils de député et à l'origine journaliste, Sigmundur David Gunnlaugsson était censé incarner une rupture avec la classe politique, y compris celle de son parti, qui avait fermé les yeux sur la frénésie d'expansion des banques islandaises. Celle-ci s'est terminée par une crise financière historique, une récession, et un sauvetage du Fonds monétaire international.

Son épouse, Anna Sigurlaug Palsdottir, 41 ans également, est la fille d'un homme d'affaires qui a fait fortune comme concessionnaire des voitures Toyota dans le pays. Le 15 mars, c'est elle-même qui avait rendu publique sur Facebook l'existence de Wintris, qui gère la fortune dont elle a hérité.

Dans le cas le plus probable, où l'opposition voterait la motion de défiance, tandis que le parti du chef de gouvernement s'y opposerait, le sort du gouvernement serait décidé par la deuxième formation de la coalition gouvernementale, le Parti de l'indépendance (droite), qui apparaît divisé sur la question.

Que Gunnlaugsson se soit rendu coupable d'évasion fiscale reste à prouver. Mais politiquement, sa position est devenue intenable. Car la société Wintris a même détenu des créances auprès des banques islandaises en faillite. Or le Premier ministre a percé en politique après avoir mené un mouvement de fronde, couronné de succès, contre les conditions drastiques auxquelles l'Islande était censée rembourser d'autres pays lésés par la faillite de ces banques.

>> À voir sur France 24 : "Paradis fiscaux : le regard du photographe Paolo Woods"

Avec AFP et REUTERS

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