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Erdogan veut instaurer la déchéance de nationalité pour les "partisans" du PKK

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a proposé de priver les partisans du PKK de leur nationalité, le 5 avril 2016/
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a proposé de priver les partisans du PKK de leur nationalité, le 5 avril 2016/ Kayhan Ozer, Turkish presidential press office, AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé mardi de déchoir de leur nationalité tous les "partisans" du PKK, tout en accusant des universitaires, journalistes et hommes politiques d'être des soutiens cachés de la cause kurde.

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Après la France, la déchéance de la nationalité s'est invitée dans la politique turque, mardi 5 avril. Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a proposé, pour la première fois, de priver les "partisans" du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de leur citoyenneté turque. Il a suggéré de déchoir tous ceux qu'il considère comme des "complices" - avocats, intellectuels, journalistes ou élus y compris.

"Les partisans (du PKK) qui se présentent comme des universitaires, des espions qui s'identifient comme journalistes, un activiste déguisé en homme politique (...) ne sont pas bien différents des terroristes qui jettent des bombes", a-t-il estimé lors d'un discours devant des avocats à Ankara. "Pour les mettre hors d'état de nuire, nous devons prendre toutes les mesures, y compris déchoir de leur nationalité les sympathisants de l'organisation terroriste", a-t-il lancé. "Ces gens ne méritent pas d'être nos concitoyens (...) nous ne sommes pas obligés de porter sur notre dos quiconque est engagé dans une trahison à l'égard de son État et de son peuple", a martelé l'homme fort du pays.

Nuançant les propos du président turc, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a exclu "pour le moment" de mesures de déchéance de nationalité. "Cette idée n'est pas mûre", a-t-il jugé mardi devant la presse.

Arrestations et poursuites judiciaires

Depuis la reprise du conflit avec le PKK cet été, Recep Tayyip Erdogan a ordonné de nombreuses arrestations et poursuites judiciaires contre les partisans de la cause kurde, notamment pour "propagande terroriste". Plusieurs universitaires qui avaient signé en janvier une pétition pour dénoncer les "massacres" de l'armée contre les civils ont été placés en garde à vue. Trois d'entre eux ont même été incarcérés jusqu'à leur procès et risquent jusqu'à sept ans et demi de prison.

Le gouvernement a également lancé une procédure de levée de l'immunité de plusieurs députés du Parti démocratique des peuples (HDP) qui avaient prôné une forme d'autonomie pour la minorité kurde du pays.

Refus de dialoguer avec le PKK

Recep Tayyip Erdogan, dont le parti avait remporté haut la main les législatives de novembre sur sa promesse "d'éradiquer" le PKK, a également insisté mardi sur le refus de dialoguer avec la rébellion. Et ce, alors même que son Premier ministre avait décidé de ne pas écarter cette hypothèse sous condition."Notre État n'a rien à gagner à parler avec les terroristes", a tranché le chef de l'État mardi. Et de conclure : "Cette histoire est terminée".

Le sud-est à majorité kurde de la Turquie vit depuis des mois au rythme des combats meurtriers et quotidiens entre les forces de sécurité turques et les rebelles. Plus de 350 soldats ou policiers en ont été victimes, selon les autorités, qui évoquent un chiffre invérifiable de plus de 5 000 tués dans les rangs du PKK. Depuis la reprise du conflit, en février puis de nouveau en mars, un groupe radical dissident du PKK, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), a revendiqué deux attentats à la voiture piégée qui ont fait plus d'une soixantaine de victimes en plein cœur d'Ankara.

Avec AFP

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