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"Panama papers" : un nouveau Premier ministre avant un scrutin à l'automne en Islande

Ex-ministre de l'Agriculture, Sigurdur Ingi Johannsson a été nommé Premier ministre de l'Islande, le 6 avril 2016.
Ex-ministre de l'Agriculture, Sigurdur Ingi Johannsson a été nommé Premier ministre de l'Islande, le 6 avril 2016. Halldor Kolbeins, AFP

La coalition de droite au pouvoir en Islande a nommé, mercredi, un nouveau Premier ministre pour succéder à Sigmundur David Gunnlaugsson, impliqué dans le scandale des "Panama papers". Des élections anticipées auront lieu à l'automne.

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Ébranlée par le scandale des "Panama papers", qui a coûté son poste au Premier ministre, la coalition de droite au pouvoir en Islande a désigné, mercredi 6 avril, un nouveau chef de gouvernement, tout en annonçant des législatives anticipées pour l'automne.

Aux termes de l'accord scellé mercredi soir entre le Parti du progrès et le Parti de l'indépendance, le ministre de l'Agriculture Sigurdur Ingi Johannsson succède comme Premier ministre à Sigmundur David Gunnlaugsson. "Nous allons continuer à travailler ensemble. Nous espérons évidemment que cela apportera de la stabilité politique", a déclaré Sigurdur Ingi Johannsson à la presse dans les murs du Parlement, où s'étaient réunies les deux formations de la coalition aux affaires depuis 2013.

"Nous prévoyons d'organiser des élections (législatives) cet automne", soit six mois environ avant la fin de l'actuelle législature qui courait normalement jusqu'au printemps 2017, a-t-il précisé.

>> À lire sur France 24 : "Dans les coulisses des "Panama papers" à Washington"

"Ils ont perdu toute légitimité"

Selon les usages, le président Olafur Ragnar Grimsson, 72 ans, qui partira en retraite fin juin après 20 ans d'exercice et cinq mandats, n'aura d'autre choix que d'entériner l'accord. Dans une position devenue intenable, l'ex-Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson, qui conserve jusqu'à nouvel ordre la présidence du Parti du progrès, s'était mis en retrait de ses fonctions mardi.

Trois ministres et plusieurs conseillers municipaux de Reykjavik, appartenant aux deux partis de coalition, sont mis en cause dans le scandale des paradis fiscaux exposé par les "Panama papers". Dans ce contexte, les partis au pouvoir cherchent à gagner du temps pour éviter un vote sanction promettant d'être cinglant en cas d'élection rapide.

"Ils ont perdu toute légitimité, mais je doute fort qu'ils partent d'eux-mêmes. Le temps joue pour eux et ils s'accrochent", analysait ainsi Gyda Margret Petursdottir, une universitaire de 42 ans venue manifester mercredi soir devant l'Althingi, le Parlement islandais.

Butin dans des îles exotiques

Le nom du Premier ministre sortant, Sigmundur David Gunnlaugsson, est l’un des premiers révélé par le Consortium international des journalistes d'investigation. L'enquête a démontré qu'avec sa future épouse, une riche héritière, Sigmundur David Gunnlaugsson a pris le contrôle en 2007 d'une société dans les Îles vierges britanniques. Il a vendu fin 2009 sa participation de 50 % dans le capital de cette société à son épouse pour un dollar symbolique, mais omis d'en faire état dans sa déclaration de patrimoine lorsqu'il a été élu député pour la première fois en avril de la même année.

Le couple plaide sa bonne foi et affirme avoir toujours déclaré son patrimoine au fisc. L'ICIJ ne lui reproche d'ailleurs qu'une entorse aux "règles éthiques" de la vie politique islandaise. Mais l'affaire est extrêmement sensible dans un pays terrassé par la crise financière en 2008. Malgré les annonces des partis aux affaires destinées à apaiser la colère montante des Islandais, ils étaient 22 000 à manifester lundi soir, un chiffre historique pour ce petit pays d'un peu plus de 300 000 habitants.

Avec AFP

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