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Le mouvement "Nuit debout" tente de ne pas s'asseoir sur ses lauriers

Mashable FR

Depuis le 31 mars, le mouvement "Nuit Debout" rassemble plusieurs centaines de personnes sur la place de la République. Tous sont indignés par le monde dans lequel nous vivons, mais pas forcément indignés pour les mêmes raisons.

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Pour les militants de la "Nuit debout", nous sommes le 38 mars. Hors de question de passer au mois d'avril et de tourner la page du mois précédent, fort en mobilisations contre le projet de réforme de la loi Travail. Aujourd'hui réunis place de la République nuit et jour - mais surtout en soirée, cette foule de jeunes et de moins jeunes, de militants et de sympathisants, de très engagés et de simples curieux... se relaye pour occuper l'espace public.

VOIR AUSSI : La "Nuit debout" gagne d'autres villes en France

Le mouvement de contestation a même gagné d'autres villes en France, ainsi que l'étranger, notamment à Bruxelles et bientôt Valence ou encore Madrid. Même Berlin semble dans la boucle, bien que l'événement ne rassemble pour l'heure qu'une centaine de personnes.

L'absence de ligne, une force autant qu'une faiblesse

La contestation politique rassemble des indignés de tout bord, pas nécessairement réunis autour d'une même ligne. "Justement, c'est un premier objectif : se retrouver parce qu'on est au moins d'accord pour dire qu'on ne se retrouve pas dans le monde tel qu'il avance... et en débattre", explique Léo, 25 ans, à Mashable FR. Pour cet étudiant en architecture présent depuis le "34 mars", "un programme politique plus défini aurait sans doute fait fuire la moitié d'entre nous". "Justement, ce que l'on veut, c'est retrouver cette liberté que l'on n'a plus : parler, confronter nos idées, apprendre des choses, partager des expériences...", poursuit-il, avec une voix éreintée qui trahit le manque de sommeil.

"Un programme politique plus défini aurait fait fuire la moitié d'entre nous"

Mais si elle est d'abord une force de rassemblement, l'absence de dogme est aussi ce qui peut éparpiller et essouffler une lutte. On se souvient de "Occupy La Défense" en 2011 et de la fougue militante des indignés, que le froid, les expulsions et la garde à vue avaient fini par décourager. "Cette fois-ci, c'est différent : il y a un vrai ras-le-bol : la loi Travail proposée par un gouvernement soit-disant de gauche, ça a allumé la mèche pour toute une génération de jeunes qui n'ont que la précarité comme issue", rétorque Justine, 22 ans. "Et ça dépasse d'ailleurs cette histoire de loi Travail : les gens qui sont venus ici sont tous en colère parce qu'ils ne se reconnaissent pas dans ce système qui court à sa perte".

En attendant, des assemblées qui durent parfois trois heures permettent d'échanger. "On aimerait bien écrire une constitution ensemble, poursuit Justine, c'est peut-être ça qui pérénisera le mouvement". 

"Et au pire, même si le mouvement meurt demain, où est le problème ? Il aura au moins eu le mérite de créer une réappropriation de l'espace urbain, de permettre des rencontres, de lancer des débats et de montrer aux médias que la France est en colère !", tonne Michel, un retraité qui vient tous les soirs depuis le "32 mars". 

Contestation à l'ère numérique

Chose inédite pour un mouvement de cette ampleur, aucun leader charismatique n'a été désigné : les militants cherchent à tout voter et décider de façon horizontale afin de ne pas tomber "dans le piège des médias". "On a bien refusé de répondre au Petit Journal ! On a besoin de personne, on peut assurer notre propre communication", assure Jean, 21 ans. En s'organisant ainsi, les militants prouvent que la société civile est aujourd'hui tout à fait capable de se saisir des nouveaux moyens de communication en ligne pour faire passer ses idées.

Car il faut voir comme la mobilisation se vit en ligne. Sur Twitter et Facebook, de nombreuses pages ont été créées pour relayer les discussions et les appels à rejoindre le mouvement. "Nuit debout" a même son site internet, sur lequel une pétition a été mise en ligne. Grâce à l'application Periscope, Rémy Buisine, un jeune homme de 25 ans travaillant dans la communication, a filmé en direct la place de la République. Au plus fort de l'audience, 80 000 personnes ont suivi l'événement. "C'est ce j'ai vu sur Twitter qui m'a donné envie de venir", raconte ainsi Vincent, journaliste pigiste.

Pour prendre un peu plus ses quartiers, la "Nuit debout" essaye d'être inventive : une bibliothèque va bientôt être installée sur la place de la République, une radio a été lancée mercredi soir. Près des tentes, un "comptoir d'accueil" a même été mis en place afin de renseigner les passants curieux de comprendre les motivations de cet attroupement que rien ne démotive - pas même la capricieuse météo... qui refuse elle aussi de passer en avril.

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