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Mohamed Abrini, le voyou de Molenbeek suspect clé des attentats de Paris et Bruxelles

Mohamed Abrini, à gauche, et Salah Abdeslam filmés le 11 novembre 2015 dans une station service au nord de Paris.
Mohamed Abrini, à gauche, et Salah Abdeslam filmés le 11 novembre 2015 dans une station service au nord de Paris. Police fédérale belge, AFP

Mohamed Abrini, arrêté vendredi soir en Belgique, a été mis en examen pour "assassinats terroristes". Ami d’enfance de Salah Abdeslam, il est soupçonné d’être l'un des logisticiens des attaques de Paris et un suspect clé des attentats de Bruxelles.

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Les révélations se succèdent en France et en Belgique dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris et Bruxelles. Trois semaines après l’arrestation de Salah Abdeslam, les policiers ont mis la main vendredi 8 avril sur Mohamed Abrini, l’un des principaux suspects des attentats de Paris et Saint-Denis. Il a été arrêté alors qu’il se trouvait dans la commune bruxelloise d’Anderlecht, "à moins de 2 km à vol d’oiseau de son ancien domicile de Molenbeek", note le site belge de la Dernière heure.

À Paris, l'homme est soupçonné d'avoir été un logisticien des tueries. À Bruxelles, d'être le troisième poseur de bombe de l'aéroport. Mohamed Abrini est donc bien "l'homme au chapeau" qui poussait son chariot à côté des deux kamikazes de l'aérogare de Zaventem le 22 mars

Âgé de 31 ans, ce Belgo-Marocain surnommé "Brioche" depuis qu’il a travaillé chez un boulanger, a grandi à Molenbeek où il a fait la connaissance de Salah Abdeslam pendant son adolescence. Suspecté d'avoir suivi en juin 2015 les traces de son frère Souleymane en Syrie au sein de la brigade Al-Muhajireen d’Abdelhamid Abaaoud (suspect clé des attentats du 13 novembre mort à Saint-Denis, près de Paris, après un assaut du Raid), Mohamed Abrini a effectué l’année dernière plusieurs visites à Birmingham, au Royaume-Uni. Un responsable de la sécurité européenne cité par Associated press affirme qu’il y aurait rencontré des personnes suspectées d’appartenir à un réseau terroriste. Ce qui lui a valu, selon Le Monde, d'être inscrit sur la liste de l'organisme belge chargé de recencer les personnes soupçonnées de radicalisation. Il était également l'objet d'une note de la direction générale de la sécurité intérieure belge en raison de sa proximité avec les milieux islamistes radicaux et jihadistes de Molenbeek.

Empreintes retrouvées

Salah Abdeslam a nié pendant son interrogatoire toute participation de son ami Mohamed Abrini aux attentats de Paris. Pourtant, outre ses liens avec les islamistes radicaux, les preuves s’accumulent. Son nom apparaît au cours de l’enquête lancée à la suite des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Dès le 24 novembre 2015, il est visé par un mandat d'arrêt émis par les juges français. Il a été établi par la suite que Mohamed Abrini avait conduit les deux frères Abdeslam les 10 et 11 novembre vers la région parisienne et qu’il avait participé à l’acheminement des terroristes la veille du 13 novembre. Selon le parquet belge, "Mohamed Abrini et Salah Abdeslam ont loué l'appart-hôtel à Alfortville, juste avant les attentats de Paris".

Plus récemment, ses empreintes ont été retrouvées dans la cache qu’a brièvement occupée Salah Abdeslam avant sa capture en mars dernier, rue du Dries à Forest, commune de Bruxelles, ainsi que dans les appartements de la rue Max Roos et de la rue Henri Bergé à Schaerbeek, où il a séjourné dans les heures qui ont suivi les attentats de Paris.

"Quelqu’un qui aime beaucoup l’argent"

Mohammed Abrini n'était donc pas inconnu des services de police belges, loin de là. Mais pas uniquement pour sa fréquentation des milieux islamistes radicaux. Son casier judiciaire, long comme un bras, indique plusieurs dizaines de condamnations (45 selon Le Monde, une cinquantaine aux dires d'une source de L'Obs) pour des faits de droit commun : braquages, vols, évasions de détenus, recel, consommation et détention de drogue... Le curriculum vitae d'un voyou.

C'est également un délinquant que décrit aux enquêteurs Ali Oulkadi, l'un des hommes qui a aidé Salah Abdeslam dans sa fuite au lendemain du 13-Novembre et qui a été arrêté par la police une dizaine de jours plus tard. Mohamed Abrini, dit-il, "est quelqu'un qui aime beaucoup l'argent et qui a manipulé beaucoup d'argent. En fait, il a la réputation d'avoir fait un coup de 200 000 euros. C'est un voleur. Il n'a jamais parlé de religion ou quoique ce soit."

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