MAROC

Homosexuels tabassés : la justice marocaine libère les deux victimes

Des Marocains manifestent contre l'homosexualité à Beni Mellal, au Maroc, le 11 avril 2016.
Des Marocains manifestent contre l'homosexualité à Beni Mellal, au Maroc, le 11 avril 2016. Fadel Senna, AFP
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Passés à tabac début mars, deux homosexuels marocains, condamnés dans cette affaire pour "actes sexuels contre-nature", un délit passible de prison au Maroc, ont été remis en liberté lundi. Plusieurs des agresseurs ont écopé de prison ferme.

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La justice marocaine a décidé, lundi 11 avril, de remettre en liberté deux hommes condamnés pour homosexualité à l'issue de deux procès qui se sont tenus sur fond de polémique dans un pays où l'homosexualité est considérée comme un délit et passible de prison.

Les faits jugés remontent au 9 mars, lorsque plusieurs jeunes gens avaient fait irruption dans un appartement de la ville de Beni Mellal et agressé deux homosexuels, dont l'un a été arrêté le jour même et le second le 25 mars, de même que leurs agresseurs.

Le 15 mars, la justice avait condamné l'une des deux victimes, qui avait été violemment passé à tabac, à quatre mois de prison ferme pour "actes sexuels contre-nature", l'équivalent d'homosexualité au Maroc. Le second prévenu, jugé le 12 avril, a écopé de quatre mois de prison avec sursis pour "déviance homosexuelle". C'est lors de ce second procès que la première victime a été remise en liberté après 26 jours derrière les barreaux.

>> Sur les Observateus de France 24 : "Au Maroc, un couple d’homosexuels torturé… puis emprisonné pour s’être défendu"

Leurs agresseurs étaient également jugés en première instance pour "entrée par effraction, de recours à la violence et de port d'armes". Selon un photographe de l'AFP, un des agresseurs a écopé de six mois de prison ferme et un autre de quatre mois ferme tandis que deux autres ont été relaxés. Un cinquième devait comparaître mercredi devant un tribunal pour mineurs.

Des proches des agresseurs ont dénoncé une "injustice" lundi après la lecture du verdict. Des habitants de la ville s'étaient encore rassemblés devant le tribunal durant l'audience pour réclamer leur libération.

Le 25 mars, une vidéo diffusée sur YouTube montrait les deux hommes dénudés, le visage en sang, se faire agresser avant d'être traînés dans la rue. La violence de l'acte homophobe et le procès intenté aux deux victimes ont soulevé un tollé dans une partie du milieu associatif marocain, qui réclame l'abrogation de l'article 489 du code pénal.

Cet article criminalise "les actes licencieux ou contre-nature avec un individu du même sexe".

Lundi, deux militantes du mouvement Femen ont tenté de poser seins nus devant le tribunal, avant d'être rapidement interpellées par des policières. Elles ont été expulsées du Maroc.

Avec AFP

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