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Washington fustige la montée de l’islamophobie et de l’antisémitisme en France

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, lors de la présentation du rapport mondial annuel sur les droits de l'Homme. mercredi 13 avril, à Washington.
Le secrétaire d'État américain, John Kerry, lors de la présentation du rapport mondial annuel sur les droits de l'Homme. mercredi 13 avril, à Washington. Chip Somodevilla, Getty Images, AFP

Dans son rapport annuel sur les droits de l'Homme, le secrétariat d'État américain pointe l'augmentation des actes anti-musulmans et antisémites en France. Plus généralement, Washington déplore "une crise de gouvernance" dans le monde.

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Les États-Unis ont dénoncé, mercredi 13 avril, une montée de l'islamophobie et de l'antisémitisme en France, les violences de la police française contre des migrants, ainsi que les abus sexuels de soldats français en Afrique, dans leur rapport mondial annuel sur les droits de l'Homme.

Le département d'État américain a constaté l'an dernier en France un "nombre croissant d'incidents antisémites et islamophobes", selon ce rapport présenté par le chef de la diplomatie américaine, John Kerry.

Le nombre des insultes, d'agressions visant des fidèles musulmans ou d'attaques de mosquées a bondi de 281 % au cours des six premiers mois de l'année 2015, comparé à la même période en 2014, détaille le rapport, qui cite l'Observatoire contre l'islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Sur l'ensemble de l'année, les actes antimusulmans ont plus que triplé, selon le gouvernement français également cité. Quant aux actes antisémites, ils se sont multipliés après l'attentat contre le journal Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) en a recensé 508 lors des cinq premiers mois de 2015, en hausse de 84 % par rapport à la même période en 2014. Sur l'ensemble de l'année cependant, ils ont légèrement reflué, passant de 851 à 808 actions et menaces.

Expulsion des Roms, violences policières à Calais, surpopulation carcérale…

Le département d'État fustige aussi "les expulsions de camps illégaux de Roms" ainsi que des incidents lors desquels la police française a fait un "usage excessif" de sa force, que ce soit lors d'arrestations ou "contre des migrants ou des demandeurs d'asile".

La police française a aussi "battu, frappé et utilisé des gaz irritants contre des migrants et des demandeurs d'asile dans le port de Calais", fustige la diplomatie américaine.

>> À lire sur France 24 : Les actes antimusulmans ont triplé en France en 2015, selon Bernard Cazeneuve

Le ministère américain des Affaires étrangères s'insurge en outre contre de "crédibles allégations d'abus sexuels contre des enfants par les forces françaises de maintien de la paix en Afrique". Début avril, la justice française a ouvert une troisième enquête après la révélation par l'ONU de nouveaux soupçons d'abus sexuels visant des soldats de Sangaris, la force française en Centrafrique. Des soldats auraient forcé en 2014 des jeunes filles à avoir des rapports sexuels avec des animaux, en échange d'argent, selon l'ONU.

Le rapport américain dénonce enfin la surpopulation dans les prisons françaises et leurs mauvaises conditions d'hygiène, les violences contre les femmes, le trafic d'êtres humains, et les discriminations à l'embauche en raison du sexe, du handicap ou de la nationalité.

"Crise mondiale de la gouvernance"

La France n’est toutefois pas le seul pays à subir les critiques de Washington. Le rapport, élaboré par des diplomates américains, dresse, pays par pays, un état des lieux des droits de l’Homme dans le monde. Le texte n'a cependant aucune implication légale pour la politique étrangère américaine.

Reste que, selon John Kerry, les nombreuses attaques contre les libertés fondamentales relevées dans ce 40e rapport de la diplomatie américaine a mis à jour une "crise mondiale de la gouvernance". "Dans toutes les régions du monde, nous constatons une tendance croissante de la part à la fois d'acteurs étatiques ou non de contraindre l'espace de la société civile, d'étouffer la liberté des médias et d'Internet, de marginaliser les voix d'opposition et, dans les cas les plus extrêmes, de tuer des gens ou de les forcer à quitter leurs foyers", a souligné le secrétaire d’État.

Comme on pouvait s'y attendre, le document est particulièrement critique envers deux adversaires des États-Unis, la Russie et la Chine, et envers les ennemis que sont l'Iran et la Corée du Nord. Mais il n'épargne pas non plus des alliés, comme par exemple la Turquie, pourtant membre de l'Otan, ou l'Égypte.

Avec AFP

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