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"Dialogues citoyens" : à un an de la présidentielle, François Hollande défend son bilan

"Je réformerai tous les jours de mon mandat", a affirmé François Hollande.
"Je réformerai tous les jours de mon mandat", a affirmé François Hollande. Stephane De Sakutin, AFP

Miné, à un peu plus d’un an de la présidentielle, par une impopularité sans précédent, le chef de l’État François Hollande a tenté de défendre son bilan jeudi soir sur France 2, affirmant que la France "va mieux" depuis qu’il est au pouvoir.

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Première étape d’une opération médiatique de reconquête. Le président François Hollande jouait gros dans l'émission "Dialogues citoyens", diffusée en direct jeudi 14 avril dans la soirée, sur France 2.

On le dit dos au mur à un peu plus d’un an de la présidentielle de 2017, rejeté par les Français, défié au sein de son propre camp et dans l’incapacité d’inverser la courbe du chômage. Pas plus que sa cote de popularité, qui lui est invariablement défavorable. Poussé dans ses retranchements, il a tenté en fin tacticien de défendre son bilan tantôt sur l’économie, l’emploi et la jeunesse, et maintenant son cap.

Un président sur la défensive

Le chef de l'État a notamment annoncé qu’il poursuivrait jusqu’au bout de son quinquennat les réformes. "Je réformerai tous les jours de mon mandat, je l'ai fait depuis le premier jour, je le ferai jusqu'au dernier." Et d’indiquer au passage que la Loi Travail, fortement contestée, "ne sera pas retirée".

"Mon cap a été de moderniser le pays en protégeant son modèle social", a-t-il déclaré dès le début de l’émission. Il a d’ailleurs estimé jeudi que la situation économique de la France était meilleure que lors de son élection en 2012. "Oui, ça va mieux : il y a plus de croissance, moins de déficit, moins d'impôts, plus de compétitivité, plus de marges pour les entreprises, plus de pouvoir d'achat pour les salariés", a-t-il déclaré sur la chaîne publique. Et d’ajouter : "Ce n'est pas à moi de délivrer des brevets de satisfaction ou des mea culpa. J'ai affronté durant ce quinquennat des épreuves terribles", rappelant les risques d'éclatement de la zone euro et le terrorisme.

"La jeunesse n'est jamais satisfaite, et c'est normal"

Sur les jeunes, François Hollande a affirmé qu'il trouve "légitime que la jeunesse par rapport au monde tel qu'il est, par rapport à la politique qu'elle est, veuille s'exprimer, prendre la parole. Je ne vais pas me plaindre qu'il y ait une partie de la jeunesse qui veuille inventer le monde de demain. La jeunesse n'est jamais satisfaite, et c'est normal."

Quant à l'hyperactivité de son ministre de l'Économie Emmanuel Macron, qui a récemment lancé son propre mouvement politique, le président a implicitement recadré son ancien conseiller. "Emmanuel Macron est dans l'équipe et sous mon autorité." C'est "une question de loyauté personnelle et politique", a-t-il ajouté, refusant de se prononcer sur l'éventualité d'une candidature de son ministre en 2017. Concernant sa propre candidature, il a affirmé qu'il prendrait sa décision à la fin de l'année, la liant toujours à la question de l'inversion de la courbe du chômage.

Sur la Syrie, "la France a eu raison depuis 2012"

François Hollande a par ailleurs justifié d'avoir "renoncé" à l'élargissement de la déchéance de nationalité par le "besoin d'une réponse symbolique et forte" après les attentats du 13 novembre, attribuant l'échec de la réforme à des "calculs politiques qui s’en sont mêlés".

Sur le dossier syrien, le président s’est borné à défendre la position de la France. "Vous pensez que soutenir le régime et écraser l'opposition est la solution ? Non. Ce que nous faisons avec la Russie, c'est de chercher une solution politique, sans que Bachar al-Assad soit une solution à la fin. Nous devons avoir une négociation. Vous ne pouvez pas douter de ce qu'a été la position de la France. La France a soutenu l'opposition syrienne, la France a voulu intervenir [...] C'est la France qui a eu raison depuis 2012".

"Rien à attendre de ce type d’émission"

François Hollande a ensuite échangé dans un jeu de questions-réponses avec quatre citoyens, une chef de PME, la mère d'un jihadiste français décédé en Syrie, un électeur du Front national (FN), et un étudiant-blogueur qui participe au mouvement "Nuit Debout".

S’il est trop tôt pour évaluer les bénéfices politiques tirés de cette sortie médiatique, le chef de l’État était attendu au tournant, alors que ce rendez-vous cathodique était devenu le centre de gravité de la politique française depuis 48 heures. Il se murmure que François Hollande a méticuleusement préparé cette émission, lors de plusieurs réunions avec ses conseillers, avant de se présenter devant les téléspectateurs français.

D’aucuns s’interrogent sur l’efficacité d’un tel exercice. "Le but est de montrer que le chef de l’État est encore en capacité de dialoguer et de gérer une certaine proximité avec les Français, souligne Olivier Rouquan politologue et enseignant-chercheur en science politique, contacté par France 24. Toujours est-il qu’il n’y a rien à attendre de ce type d’émission, qui chemin faisant, lasse de plus en plus les Français".

L’offensive médiatique désespérée orchestrée par l’Élysée ne s’arrête pas ce soir. En effet, outre de l'émission de France 2, le président va multiplier les prises de parole dans les prochaines semaines. Selon le quotidien Le Monde, "une intervention sur une radio est déjà dans les tuyaux, comme une conférence de presse, ainsi que de nouvelles visites de terrain".

Une sorte d’échauffement, avant d’entrer de plain-pied dans la campagne de 2017 qui se rapproche à grands pas et qui s’annonce extrêmement ardue pour François Hollande.
 

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