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Volodymyr Groïsman, un protégé du président ukrainien propulsé Premier ministre

Le pro-occidental Volodymyr Groïsman a été nommé Premier ministre le 14 avril 2016.
Le pro-occidental Volodymyr Groïsman a été nommé Premier ministre le 14 avril 2016. Genya Savilov, AFP

Volodymyr Groïsman, 38 ans, a été nommé jeudi Premier ministre de l'Ukraine. Pro-occidental comme son prédécesseur Arseni Iatseniouk, il est loué pour son sens de la communication mais critiqué pour son manque d'expérience.

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Ancien maire devenu président du Parlement, puis chef du gouvernement en à peine deux ans... Volodymyr Groïsman, un allié du président Petro Porochenko, connaît une ascension fulgurante. Âgé de 38 ans, il vient d’être nommé Premier ministre avec le soutien de 257 députés - 226 votes étaient nécessaires. Il succède à Arseni Iatseniouk, critiqué pour la lenteur des réformes et empêtré dans des scandales de corruption.

Ce pro-occidental, plus jeune Premier ministre de l'histoire en Ukraine, il est considéré par beaucoup comme un bon communicant capable d'apaiser les tensions entre le pouvoir exécutif et législatif. "Il a une capacité à régler les différends et à négocier avec les gens, même les plus difficiles", a assuré un de ses collaborateurs sous couvert de l'anonymat.

Depuis sa nomination au poste de président du Parlement fin 2014, il a su préserver un calme relatif au sein de l'assemblée même si des heurts y ont encore eu lieu, comme lorsqu'en décembre 2015 un député avait saisi par l'entrejambe le désormais ex-Premier ministre Iatseniouk pour l'arracher de la tribune, ce qui avait provoqué une bagarre générale.

Mais pour beaucoup, ce juriste de formation qui, contrairement à son prédécesseur, ne parle pas anglais, manque de l'expérience et de la fermeté nécessaires pour mettre en œuvre des réformes difficiles et faire face aux puissants oligarques qui dominent encore la vie politique ukrainienne. Lui-même a promis de poursuivre les réformes exigées, notamment pour la reprise de l'aide financière occidentale cruciale pour Kiev. "Je suis bon pour ça. Je suis capable de travailler 24 heures par jour", a-t-il lancé.

Son image de fidèle du président s'est un peu estompée au fil des négociations sur le nouveau gouvernement, quand Groïsman s'est fermement opposé aux tentatives de Porochenko de placer ses personnes de confiance à des postes clés dans son cabinet.

Mariage homosexuel : "Mon Dieu, faites que cela n’arrive jamais !"

Né le 20 janvier 1978 dans une famille juive de Vinnytsya, une ville de 370 000 habitants dans le centre-ouest de l'Ukraine, le nouveau Premier ministre a fait ses débuts dans le commerce : il n'avait que 16 ans quand son père, un homme d'affaires local, lui a confié la direction de son marché dans cette ville.

Élu au conseil municipal en 2002, il remporte les élections municipales en 2006, à 28 ans. Loué pour y avoir notamment développé les infrastructures routières et les transports publics, Groïsman est réélu quatre ans plus tard avec 78 % des suffrages.

Avec le financement de son allié Porochenko, richissime propriétaire du fabricant de chocolat Roshen qui possède une grosse usine à Vinnytsya, il a aussi réaménagé les berges de la ville, désormais nommées "Quai Roshen".

Père de trois enfants, il a déménagé à Kiev début 2014, peu après la chute du régime prorusse de l'ex-président Viktor Ianoukovitch, après le soulèvement du Maïdan. Des médias lui ont reproché de pousser à la nomination de ses proches du "clan de Vinnytsya" à des postes publics importants, notamment à la tête de la Poste, profitable mais opaque, ce qu'il a nié.

>> À lire sur France 24 : "Deux ans après, des Ukrainiens amers rendent hommage aux morts du Maïdan"

Élu au Parlement sur la liste du parti présidentiel en octobre 2014, Groïsman en devient président un mois plus tard. Depuis, il a été maintes fois accusé de violer les règles de l'assemblée, notamment en faisant revoter plusieurs fois d'affilée les députés pour faire passer des lois voulues par Porochenko.

Ce fut le cas lors du vote d'un amendement au code du travail visant à interdire les discriminations envers les homosexuels, mesure réclamée par l'Union européenne mais impopulaire en Ukraine où l'homosexualité reste très stigmatisée. Après l'adoption de cet amendement, Groïsman s'était empressé d'en cadrer la portée en affichant son opposition aux mariages homosexuels. "Mon Dieu, faites que cela n'arrive jamais. Nous ne soutiendrons jamais cela", avait-il lancé.

Avec AFP

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