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Une mère australienne et une équipe de télé en prison au Liban après un kidnapping (raté) d'enfants

L'hôtel Holiday Inn, vestige de la guerre, à Beyrouth au Liban.
L'hôtel Holiday Inn, vestige de la guerre, à Beyrouth au Liban. John Bulmer, Getty Images

La justice libanaise a indiqué lundi avoir reporté l’audition qui doit décider de la mise en liberté sous caution d’une mère et d’une équipe de télévision australiennes impliquées dans une affaire de kidnapping d’enfants à Beyrouth.

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Un professeur de surf libanais, une entreprise londonienne spécialisée dans le kidnapping d’enfants, une mère australienne désespérée et une équipe de télévision en quête d’images chocs… L’histoire de Sally Faulkner, une mère de famille australienne, de son ex-mari libanais Ali Elamine et de leurs deux enfants Noah et Lahelah, a tout d’un blockbuster américain.

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Le happy end, lui, semble encore loin.

Quatre journalistes de l’émision australienne "60 Minutes", deux Britanniques de l’entreprise Child Abduction Recovery International, Sally Faulkner et deux Libanais, séjournent actuellement en prison au Liban après avoir été inculpés pour rapt de mineurs, mardi 12 avril.

Une mère de famille désespérée et une entreprise de kidnappeurs d'enfants 

Noah, 4 ans, et Lahelah, 6 ans, ont le charme de l’Orient de leur père libanais et les cheveux blonds de leur mère australienne. Depuis deux semaines, le sort de ces deux petits bouts passionne les médias australiens qui enchaînent les duplex à Beyrouth.

C’est dans la capitale libanaise que vivaient les deux enfants, après que leur père ait décidé de ne pas les renvoyer chez leur mère à Brisbane (Australie) à la fin des vacances d’été.

Après avoir écrit une lettre ouverte au gouvernement australien et lancé une campagne de financement participatif pour tenter de récupérer ses deux enfants enlevés par son ex-mari, Sally Faulkner désespère et décide de passer à la vitesse supérieure. Elle contacte Child Abduction Recovery International, une entreprise basée à Londres et spécialisée dans le kidnapping d’enfants. Le plan est simple : récupérer de force Noah et Lahelah à Beyrouth et monter dans un bateau direction l'Australie.

Un enlèvement rocambolesque à plus de 100 000 euros 

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf qu’une chaîne de télévision australienne, Channel 9, a décidé de s’en mêler. Elle a proposé à la mère de l’accompagner au Liban et de filmer l’histoire pour le compte de l’émission "60 Minutes", présentée par Tara Brown, l'équivalent de notre Claire Chazal nationale. La joyeuse équipe passe à l’action mercredi 6 avril. L’enlèvement spectaculaire des deux bambins, qui attendaient le bus avec leur grand-mère pour aller à l’école dans la banlieue sud de Beyrouth, est immortalisé par une caméra de vidéosurveillance.

La police est rapidement avertie : alors que Sally Faulkner et le reste de l’équipe sont arrêtés dans un appartement de la capitale, les enfants sont remis à leur père. Depuis, les déclarations s’enchaînent sans qu’aucun accord ne soit trouvé entre les deux parties.

Adam Whittington, PDG de l’entreprise britannique qui a organisé l’enlèvement, tente de rejeter la faute sur la chaîne de télévision australienne qui aurait payé les kidnappeurs 115 000 dollars, soit un peu plus de 100 000 euros, pour récupérer les deux enfants. La chaîne, elle, se défend d'avoir financé un enlèvement et insiste sur le fait qu'elle a payé pour une "histoire". La mère aurait d'abord reçu l'argent avant de rémunérer l'entreprise de kidnappeurs.

Quand la diplomatie s'en mêle 

L’histoire pourrait bien prendre une tournure diplomatique délicate. La ministre des affaires étrangères australienne, Julie Bishop, a déclaré sur une chaîne de télévision australienne qu’elle restait en contact avec ses homologues libanais. Et pourtant, si la justice australienne a donné raison à Sally Faulkner, la mère des deux enfants, ce n’est pas le cas des autorités libanaises. 

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Ali Elamine, père des deux enfants et professeur de surf à Beyrouth fait partie de la communauté chiite du pays. Au Liban, le statut personnel est régi par les 18 communautés religieuses et non par l’Etat. La loi religieuse chiite, qui prévoit de remettre la garde des enfants au père à partir de l’âge de 2 ans pour les garçons et de 7 ans pour les filles, a donc donné raison au père.

Cerise sur le gâteau, Ali ferait partie de la famille du leader du mouvement chiite Amal et membre du parlement libanais Nabih Berri, très influent dans le pays.  

La mère pourrait facilement être libérée si elle trouve un terrain d'entente avec son ex-mari. Mais ce n’est pas le cas du reste de l’équipe de télévision et des kidnappeurs, inculpés eux pour kidnapping, agression physique, dissimulation d’information et conspiration criminelle. Ils risquent jusqu'à 10 ans de prison.

La justice libanaise, qui devait décider ce lundi de leur sort, a reporté l'audition à mercredi. En attendant, les négociations se poursuivent. 

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