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Brésil : Dilma Rousseff déterminée à se battre contre "une profonde injustice"

Dilma Rousseff lors de sa conférence de presse, le 18 avril 2016 à Brasilia.
Dilma Rousseff lors de sa conférence de presse, le 18 avril 2016 à Brasilia. Evaristo Sa, AFP

Sous le coup d’une procédure d’impeachment, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a juré, lundi, qu’elle ne se laisserait pas abattre, dénonçant "une profonde injustice".

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La présidente brésilienne Dilma Rousseff ne compte pas se laisser faire. Révoltée par le vote des députés en faveur de sa destitution dimanche soir, la femme forte du Brésil a annoncé, lundi 18 avril, qu'elle se battrait contre cette "profonde injustice" lors de la deuxième manche au Sénat.

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"Je me sens indignée par cette décision, victime d'une profonde injustice", a lancé l'impopulaire dirigeante de gauche lors d'une conférence de presse à Brasilia, les traits tirés, visiblement éprouvée par la gifle infligée de la veille. "Mais je ne me laisserai pas abattre, le combat ne fait que commencer. J'ai le courage, la force nécessaire pour affronter cette injustice", a ajouté Dilma Rousseff, alors que son mandat ne tient plus qu'à un fil.

Un vote à la majorité simple des sénateurs (41 sur 81), prévu en mai, suffirait à prononcer sa mise en accusation pour "crime de responsabilité" et à l'écarter du pouvoir pendant au maximum six mois en attendant le jugement final.

Selon les enquêtes effectuées auprès des sénateurs par les grands quotidiens, l'opposition compte déjà sur un nombre suffisant de votes. Dilma Rousseff verrait alors son ancien allié centriste et désormais rival, le vice-président Michel Temer, 75 ans, assumer immédiatement ses fonctions par intérim.

"On me réserve un traitement qui n'a été réservé à personne"

Pour sa défense, la présidente a rappelé que les tours de passe-passe budgétaires qui lui sont reprochés "ont été pratiqués [à une moindre échelle] par tous les présidents avant moi et ont été considérés légaux. [...] On me réserve un traitement qui n'a été réservé à personne", s'est-elle insurgée.

Elle a souligné qu'il ne pesait sur elle "aucune accusation d'enrichissement illicite" et qu'elle n'avait "pas de comptes à l'étranger". Dilma Rousseff se référait au président du Congrès des députés Eduardo Cunha, du parti centriste PMDB, inculpé de corruption dans le scandale Petrobras et qui a tiré les ficelles de sa procédure de destitution depuis plusieurs mois.

La dirigeante brésilienne s'en est également vivement prise au vice-président Temer, un homme d'appareil aussi discret qu'impopulaire, qui a déjà entamé des consultations pour former un gouvernement de transition. "Il est très étrange et révélateur de voir un vice-président en exercice conspirer ouvertement contre une présidente. Dans aucune démocratie au monde une personne qui ferait cela ne serait respectée", a-t-elle lancé.

"Un coup d'État avec l'apparence d'un processus légal"

Dilma Rousseff a rappelé son passé d'ex-guérillera marxiste torturée sous la dictature militaire : "Dans ma jeunesse j'ai affronté la dictature par conviction. J'affronte par conviction dans ma maturité un coup d'État, pas un coup d'État traditionnel [...] mais un coup d'État avec l'apparence d'un processus légal".

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La présidente brésilienne a encore indiqué qu'elle n'envisageait pas "maintenant" de proposer une réforme constitutionnelle pour convoquer des élections anticipées. "Ce que je ne peux accepter, c'est que cette procédure d'impeachment ne respecte pas la légalité. Toutes les autres possibilités peuvent et doivent être évaluées. Mais je ne l'envisage pas maintenant", a-t-elle déclaré en réponse à un journaliste.

À presque 100 jours de l'inauguration des Jeux olympiques de Rio de Janeiro, le géant d'Amérique latine est paralysé par 14 mois de crise politique aiguë au beau milieu de la pire récession économique depuis de nombreuses décennies et du gigantesque scandale de corruption Petrobras. Dilma Rousseff devrait à nouveau se défendre mardi matin, au cours d'une conférence devant la presse internationale.

Avec AFP

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