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Réfugiés syriens : François Hollande assure la Jordanie de son soutien

Le président français, François Hollande, et le roi Abdallah II de Jordanie, à Amman, le 19 avril 2016.
Le président français, François Hollande, et le roi Abdallah II de Jordanie, à Amman, le 19 avril 2016. Stephane de Sakutin / Pool / AFP

Lors d'une visite officielle à Amman, le président François Hollande a promis, mardi, une aide d'un milliard de dollars sur trois ans pour soutenir la Jordanie dont l'économie est directement affectée par l'afflux de réfugiés syriens.

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La crise migratoire qui frappe la Jordanie depuis le début de la guerre en Syrie voisine, il y a cinq ans, n’a pas laissé insensible le président français. "Je suis venu pour réaffirmer le soutien de la France à la Jordanie", a déclaré François Hollande, mardi 19 avril, lors d’une visite à Amman, dernière étape d'une tournée de quatre jours au Moyen-Orient.

Saluant "la grande solidarité" du royaume pour accueillir les réfugiés syriens, François Hollande a approuvé les objectifs sécuritaires affichés par Amman face aux risques d'infiltration de membres du groupe État islamique (EI) parmi les réfugiés. "Il y a encore des réfugiés qui viennent de Syrie pour fuir les combats autour de Raqqa et de Palmyre. Vous devez leur donner du soutien mais aussi faire attention à ce que le terrorisme ne s'infiltre pas parmi eux", a-t-il affirmé.

Le risque d’un reflux

Le président français s'est également alarmé du blocage des négociations de paix sur la Syrie en cours à Genève et de la reprise des combats, qui font craindre un nouvel afflux de réfugiés en Jordanie. "Pour la Jordanie, ce qui se passe à Genève est très important. La suspension des négociations est préoccupante. Car si la trêve est rompue, les combats reprendront, les civils vont fuir de nouveau. Il n'y aura pas d'espoir", a déclaré François Hollande lors d'un entretien avec le roi de Jordanie Abdallah II.

Une aggravation du conflit syrien pourrait en effet provoquer un nouvel exode dans les pays limitrophes, au Liban, en Jordanie et en Turquie. Le royaume hachémite est déjà sous forte pression: il accueille plus de 630 000 Syriens selon les chiffres du HCR, 1,4 million selon les autorités. En janvier dernier, près de 110 000 Syriens vivaient dans à Zaatari et à Azraq, les deux camps principaux du pays, selon le HCR, tandis que la grande majorité survivait péniblement dans les villes grandes et moyennes du pays.

>> Sur Mashable : "Dans ce camp de réfugiés syriens en Jordanie, l'art est un exutoire"

Et la situation ne promet pas de s'améliorer : le flux ne tarit pas. Les autorités jordaniennes ont annoncé, lundi 18 avril, qu'environ 50 000 Syriens se pressaient dans un no man's land à la frontière syro-jordanienne, alors qu’ils n’étaient que 16 000 en février.


Le coût de la crise migratoire

Cette présence pèse lourdement sur le petit royaume peuplé de 9,5 millions d’habitants (immigrés et réfugiés compris), en bonne partie désertique, dépourvu de ressources naturelles et dépendant de l'aide internationale. Amman évalue le coût des réfugiés à 2,7 milliards de dollars pour la seule année 2016 ; à 6,6 milliards depuis 2011.

La crise syrienne est la première responsable de la "grave crise économique" que traverse la Jordanie qui ploie déjà sous une dette extérieure supérieure à 34,8 milliards de dollars, soit 90 % du PIB, selon Mohamed Abou Romman. Interrogé par l’AFP, ce chercheur du centre des études stratégiques à Amman estime que la communauté internationale ne prend pas suffisamment en compte "l'ampleur de l'impact de l'afflux des réfugiés sur les services de bases comme l'enseignement, l'énergie ou la santé, outre ses effets indirects comme l'inflation". Sans parler des pressions sur le marché du travail.

Le royaume reste plus que jamais dépendant de l'aide étrangère qui s'est élevée à plus de 2,5 milliards de dollars en 2015. Lors du Forum d'affaires franco-jordanien, François Hollande a promis une aide d’un milliard de dollars pour les trois prochaines années pour soutenir le royaume dont toute l'économie "se trouve affectée" par l'afflux des réfugiés. L'Agence française de développement (AFD) a signé à Amman un mémorandum d'entente prévoyant un montant cumulé de prêts de 900 millions d'euros pour la période 2016-2018.

Avec AFP 

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