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La condamnation de 275 personnes pour tentative de coup d'État annulée par la justice turque

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Ankara le 19 avril 2016.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Ankara le 19 avril 2016. Adem Altan, AFP

La justice turque a annulé, jeudi, la condamnation en 2013 de 275 de personnes, dont des dizaines d'officiers de haut rang, à de lourdes peines de prison pour tentative de coup d'État, selon l'agence de presse Anatolie.

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La condamnation d’un ancien chef d’état-major des forces armées turques et de plusieurs centaines de personnalités de haut rang en 2013, dans le cadre de l’affaire "Ergenekon", a été annulée en appel jeudi par la justice turque.

La cour a justifié sa décision de casser le jugement par le "manque de preuves" attestant de l'existence d'une "organisation terroriste" voulant renverser le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, aujourd'hui président. En 2013, 275 personnes avait été condamnées dans cette affaire d'une grande complexité.

Tout a commencé par la découverte en 2007 d'un stock d'explosifs chez un ancien officier de l'armée. Après investigations, des procureurs affirment que cette trouvaille les a conduits à un réseau baptisé "Ergenekon", réunissant officiers, policiers, avocats, universitaires et journalistes, tous accusé de vouloir commettre un coup d'État.

"Ergekenon" : un groupe qui n’aurait jamais existé

Dans son arrêt, la cour d’appel a estimé qu’il n’y avait jamais eu de "groupe terroriste Ergenekon" et que les preuves présentées par l’accusation avaient été obtenues illégalement, rapporte l’agence officielle de presse Anadolu. Au moment du procès en première instance, les avocats de la défense et l’opposition politique avaient dénoncé des charges inventées de toutes pièces.

La cour d'appel a par ailleurs dénoncé de nombreuses irrégularités dans l'enquête. Les services de renseignements avaient par exemple effectué des mises sur écoute illégales, notamment des membres du tribunal ayant jugé les accusés et du général Ilker Basbug, ancien chef d'état-major, condamné à perpétuité dans ce dossier.

Erdogan vs Gülen

Après 2013, le dossier Ergenekon s’est retrouvé inextricablement mêlé à une autre affaire politico-judiciaire : la lutte de pouvoir entre Erdogan et le prédicateur exilé aux États-Unis, Fethullah Gülen. Recep Tayyip Erdogan, qui a dans un premier temps multiplié les purges et les procès contre l'armée, considérée comme hostile à son régime, a ensuite opéré un retournement spectaculaire, accusant la confrérie de Fethullah Gülen d'avoir piloté l'enquête et le procès "Ergenekon".

Les condamnés ont été libérés en mars 2014, le gouvernement laissant entendre qu’eux aussi avaient été peut-être victimes des visées du mouvement "güleniste". Quant au procureur en chef chargé de l’enquête, considéré comme un proche de Gülen et visé par un mandat d’arrêt, il a fui en août dernier en Arménie.

Le gouvernement turc a engagé depuis de vastes purges dans la police et la justice. Réagissant à la décision de la cour d'appel, le vice-Premier ministre turc Yalçin Akdogan a accusé sur Twitter le réseau de l'imam Gülen d'avoir "empoisonné le processus judiciaire". Le chef de l'opposition kémaliste, Kemal Kiliçdaroglu, a lui estimé que cette décision montrait qu'"il y a toujours des juges dans ce pays".

Avec AFP et Reuters

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