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Comment Snapchat réinvente le stand-up

Certains utilisateurs français de Snapchat se sont improvisés humoristes. Ils parviennent à séduire un public de plus en plus large au point de rivaliser désormais sur les réseaux sociaux avec les stars du stand-up traditionnel.

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"C'est une copine qui m’a dit : 'Télécharge Snapchat, on va mettre des vidéos, ça va être drôle'." Trois ans plus tard, Zaki revendique plus de 200 000 abonnés sur Snapchat, l'application de partage éphémère de photos et de vidéos qui fait fureur.

VOIR AUSSI : Petit guide de Snapchat pour les plus de 30 ans

Comme lui, de plus en plus d'humoristes amateurs voient leur cote de popularité se développer sur Snapchat. Leurs vidéos s’inspirent largement des techniques du stand-up. Une grande part du show laisse libre cours à l’improvisation. Leur humour prône l’autodérision et leur quotidien est leur première source inspiration. 

L’appli peut s’avérer être un véritable accélérateur de carrière, surtout en matière d’humour. Zaki, Ilyes et OhPlai, suivis par 60 000 à 150 000 utilisateurs en sont la preuve. Depuis leur smartphone, ils font le show, racontent leur vie dans les quartiers de Paris, Lille ou Grigny et acquièrent une notoriété impressionnante. Au point de faire de l'ombre, sur les réseaux sociaux, aux humoristes renommés. Snapchat serait-il en train de ringardiser le stand-up traditionnel ?

L’improvisation, pièce maîtresse

Ouvrez un snap de Zakiiiiiiii19 et vous le verrez flâner dans les rues du 19arrondissement de Paris. Plus exactement aux alentours d’une supérette. Cet opticien de 25 ans filme la vie de son quartier et crée des personnages qu’on suit à répétition comme dans une sorte de série : "La folle", "tête de pastèque", "Feng", ou encore "moul hanout" – "le gars du supermarché", en arabe. Les idées lui viennent sur le moment. "Je sors de moi chez je prends mon téléphone, je vois une situation et je la raconte en rigolant", explique-t-il à Mashable FR.

Comme dans le stand-up classique, le ton est résolument spontané. Le sketch doit donner au maximum l’impression d’être improvisé. C’est ce que confirme, Ilyes qui culmine aujourd’hui à plus de 60 000 abonnés sur Snapchat : "Je prévois rien tout se passe dans l’instant quand je vois un truc drôle je dégaine Snapchat."

Proximité et identification

Tout le succès des humoristes made in Snapchat réside dans la proximité qu’ils entretiennent avec leur public. Pas un jour ne passe sans un snap. À l’inverse des plateformes comme YouTube ou Vine, la relation humoriste-public est beaucoup plus forte sur Snapchat. Les spectateurs sont ultra fidélisés et peuvent suivre tout au long de la journée, les "stories", les snaps assemblés au fil des heures par les humoristes. Le rendez-vous est donc quotidien et se fait quasiment en temps réel. Les fréquences varient néanmoins d’un humoriste à l’autre. Quand Zaki ou OhPlai optent pour des storys longues, de 45 à 60 minutes, Ilyes préfère espacer au maximum ses snaps, quitte à faire court. "Au bout de 15 snaps dans la story j’arrête sinon les gens zappent direct", affirme le jeune homme de 18 ans.

Zaki, OhPlai et Ilyes enregistrent régulièrement des snaps depuis leur appartement. Tous mettent en scène leurs amis, famille ou simples connaissances. OhPlai s'est même inventé un personnage imaginaire, qui fait office de mascotte : le nounours Ted avec qui il improvise des dialogues surréalistes, comme dans cette vidéo :

Ilyes se joue de son quotidien de lycéen, filme ses parents, son petit frère, ses amis, ou ses journées de cours. Chacune de ses vidéos fait le buzz sur les réseaux sociaux.

"Contrer les clichés"

Tous citent comme influences les grandes références du stand-up français : Jamel Debbouze, Gad Elmaleh, ou encore Malik Bentalha. Comme ces derniers, ils racontent des histoires du quotidien. Chacun s’approprie son environnement pour lui donner vie et amuser son public.

"J’ai commencé à filmer pour montrer ce qui se passait dans mon quartier, loin des images qu’on a tendance à étiqueter sur les jeunes comme moi, et pour contrer les clichés", explique Zaki. Il assure être suivi par "des jeunes, des vieux, des juifs, des chrétiens, des musulmans et des roms".

Désormais l’épicerie dans laquelle il se met en scène est un lieu renommé dans toute la France. Des fans viennent de Marseille, du Havre, de Lille, pour le rencontrer. OhPlai et Zaki ont même créé des t-shirts à leurs effigies. Chacun fédère une communauté de fans : "la OhPlai Family" et "les petits cornichons".

Le business est rentable dit-on mais aucun ne souhaite donner de chiffres. La popularité soudaine dont ils font l’objet peut en effet faire tourner les têtes. Tous ont désormais un agent pour gérer leurs contacts et leur business. "Maintenant quand on me voit dans la rue, tout le monde me reconnaît", raconte Ilyes. 

En attendant, le succès est bien parti pour durer. Récemment, Zaki s’est envolé vers San Francisco pour y rencontrer Omar Sy. Rien que ça. Il prépare actuellement un projet vidéo avec Bouder, un autre humoriste connu pour ses apparitions au cinéma. OhPlai préfère rester discret et promet "du lourd". Quant à Ilyes, il a commencé à se produire au Jamel Comedy Club.

La scène du stand-up traditionnelle continue de faire rêver. Mais elle n’est plus un passage obligé pour accéder à la célébrité. Juste l'étape ultime pour cette nouvelle génération d'humoristes.

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