Accéder au contenu principal
FRANCE

Primaire de la droite et du centre : la chasse aux parrainages est ouverte

De gauche à droite : Jean-François Copé, Bruno Le Maire, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon.
De gauche à droite : Jean-François Copé, Bruno Le Maire, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon. AFP
6 mn

Depuis vendredi, les onze prétendants à la primaire de la droite et du centre peuvent recueillir les parrainages nécessaires à leur candidature. Une tâche qui s’annonce compliquée pour les nombreux "petits" adversaires.

Publicité

La chasse est ouverte ! Les très nombreux candidats potentiels à la primaire de la droite et du centre peuvent, depuis vendredi 22 avril et jusqu’au vendredi 9 septembre, recueillir officiellement les parrainages requis. Une étape de la procédure qui devrait permettre de faire le tri parmi la pléthore de candidats à la candidature.

Ils sont en effet aujourd’hui 11 à souhaiter participer à la primaire : Jean-François Copé, Geoffroy Didier, François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Frédéric Lefebvre, Bruno Le Maire, Hervé Mariton, Nadine Morano, Jacques Myard et Jean-Frédéric Poisson. À ceux-là devraient s’ajouter Michèle Alliot-Marie courant mai et Nicolas Sarkozy à la fin de l’été. En outre, le parti Les Républicains, qui organise le scrutin, n’est pas à l’abri de voir la liste s'allonger, à l’image d’un Henri Guaino qui a déclaré il y a plusieurs mois qu’il pourrait lui aussi se lancer dans la course.

>> À voir sur France 24 : "Infographie : qui sont les candidats de la primaire de la droite et du centre ?"

Face à une telle déferlante, les railleries n’ont pas manqué, aussi bien à gauche qu’à droite. "Ce n’est plus une primaire, c’est une équipe de foot", a plaisanté le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. "On est ridicules vis-à-vis de notre électorat et de nos militants. (...) Franchement, ça nous décrédibilise un peu", a estimé pour sa part la députée européenne LR Rachida Dati.

"Dans l’opinion publique, c’est vrai que ça peut être interprété de façon négative avec un côté ridicule, analyse le politologue Olivier Rouquan, contacté par France 24. Ça peut-être perçu comme un argument de plus pour avoir une mauvaise opinion du personnel politique. Mais c’est aussi la logique même de ce système des primaires de permettre le pluralisme démocratique, même si on sait qu’il y a des candidatures de témoignage qui n’iront pas jusqu’au bout."

Candidat pour faire le buzz ou obtenir un ministère

La Haute Autorité de la primaire de la droite et du centre a en effet mis en place des garde-fous censés limiter les ambitions : pour être officiellement candidat, chaque aspirant doit ainsi recueillir, au minimum, le parrainage de 20 parlementaires, de 250 élus répartis sur au moins 30 départements, et de 2 500 adhérents issus d’au moins 15 départements. Un défi de taille pour certains.

"Pour réunir tous ces parrainages, il faut avoir des réseaux, explique Olivier Rouquan. Il faut être capable d’organiser une convergence de soutiens auprès des élus et des militants. En clair, il faut déjà disposer d’un certain capital politique et ceux qui n’ont pas suffisamment de voilure ne passeront pas le barrage."

Tous les observateurs s’accordent ainsi pour dire que le nombre de candidats officiels, dont la liste sera connue le 21 septembre, devrait au minimum être divisé par deux. Le député LR Thierry Solère, en charge de l’organisation de cette primaire, a d’ailleurs estimé vendredi qu’ils ne seraient pas plus de cinq ou six. "Vous verrez que ce sera difficile d’en avoir plus que ça", a-t-il affirmé sur les antennes de Sud Radio et Public Sénat.

Si la chasse aux parrainages s’avère aussi ardue, y compris pour quelqu’un comme l’ancien président de l’UMP Jean-François Copé, pourquoi des candidats n’ayant a priori aucune chance ont-ils alors fait le choix de se présenter ?

"Pour faire le buzz ou négocier la suite comme la participation à un gouvernement", analyse Olivier Rouquan, qui garde en mémoire l’exemple de Manuel Valls, candidat à la primaire socialiste en 2011 ayant recueilli 5 % des voix et aujourd’hui Premier ministre.

"Certains de ces petits candidats sont aussi probablement là pour enlever des voix à un autre candidat qui pèse davantage dans la balance, poursuit le politologue. On sait que ce jeu existe. Et comme nul ne connaît aujourd’hui l’écart qu’il y aura entre les grands candidats en novembre, on peut faire l’hypothèse qu’enlever quelques points lors du premier tour ne sera pas négligeable."

Une primaire "de la droite et du centre" qui ressemble davantage à une primaire LR

En attendant de savoir si Jacques Myard ou Geoffroy Didier auront leurs parrainages, ou de comprendre qui gêne le plus une candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet ou une probable candidature de Michèle Alliot-Marie, un prétendant est déjà assuré de concourir : Jean-Frédéric Poisson.

En tant que représentant du Parti chrétien démocrate (PCD), un parti associé et donc dispensé des parrainages, le député des Yvelines n’aura pas à faire le tour de France des parrains potentiels. La participation de son parti à cette primaire estampillée "de la droite et du centre" a été actée récemment par le bureau politique du parti Les Républicains, qui aurait sans doute préféré voir d’autres candidatures externes.

Le PCD est en effet le seul parti ayant fait le choix jusqu’à présent de présenter un candidat. En l’absence d’accord en vue des législatives qui suivront la présidentielle de 2017, les centristes de l’UDI ont ainsi voté contre leur participation à la primaire. Quant au MoDem, il n’a jamais eu l’intention d’y prendre part.

Or l’ouverture aux autres partis avait pour but de limiter le nombre de candidats au premier tour de la présidentielle. "S'il n'y avait pas de primaire, Jean-Frédéric Poisson pourrait être candidat à la présidentielle, donc participer de la désunion de la droite au premier tour", soulignait Thierry Solère il y a quelques semaines.

À un an de la présidentielle, le danger d’un éparpillement des voix de droite n’est donc pas écarté. Et aux éventuelles candidatures de Jean-Christophe Lagarde ou de François Bayrou, se sont d’ores et déjà ajoutées celles bien réelles de Nicolas Dupont-Aignan, Jean Lassalle et Rama Yade.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.