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Soudan du Sud : faute d'accord avec le président Kiir, le retour de Machar est une nouvelle fois reporté

Des soldats à l'aéroport de Juba, où le chef rebelle était attendu samedi 23 avril.
Des soldats à l'aéroport de Juba, où le chef rebelle était attendu samedi 23 avril. Albert Gonzalez Farran, AFP

Le retour prévu à Juba du chef rebelle sud-soudanais Riek Machar, condition sine qua non à une reprise du processus de paix, a été une nouvelle fois repoussé faute d'accord avec le gouvernement de Salva Kiir. L'ONU s'impatiente.

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Le retour du chef rebelle Riek Machar à Juba, où il doit prendre les fonctions de vice-président du Soudan du Sud, dans le cadre d'un accord de paix, a été repoussé au-delà de la date limite du samedi 23 avril qui avait été fixée par la communauté internationale alors que le gouvernement et les rebelles continuent à se quereller sur les conditions de son arrivée.

Ce retour était prévu le 18 avril mais a été sans cesse repoussé, achoppant notamment sur la quantité d'armements que la garde rapprochée de Riek Machar pouvait emporter avec elle dans la capitale. Les deux camps se sont finalement mis d'accord vendredi : le chef rebelle pouvait venir avec 195 soldats et collaborateurs, qui auraient apporté 20 mitrailleuses et 20 lance-roquettes. Mais le gouvernement de son rival, le président Salva Kiir, a indiqué qu'il vérifierait au départ de l'appareil que les clauses de l'accord sont respectées.

"Pas de retour aujourd’hui"

"Il n'y aura pas de retour aujourd'hui", a assuré, samedi, le ministre de l'Information, Michael Makuei, soutenant que le gouvernement n'autoriserait le retour de Riek Machar, depuis l'aéroport de Gambela, dans l'ouest de l'Éthiopie, qu'après vérification par des observateurs internationaux du nombre d'armes emmenées. Le retour de Riek Machar est désormais attendu la semaine prochaine, selon des sources dans les deux camps.

>> À voir dans le Journal de l'Afrique : "Le chef rebelle Riek Machar se fait toujours attendre à Juba"

Les rebelles, de leur côté, demandent au gouvernement d'abandonner l'idée d'une vérification par les observateurs internationaux afin d'accélérer le processus. Ils soutiennent que leurs armes ont déjà été vérifiées par les autorités éthiopiennes et qu'elles pourraient être à nouveau vérifiées à leur arrivée à Juba.

Selon un journaliste de l'AFP, présent à l'aéroport de Gambela, les troupes rebelles sont de fait de plus en plus frustrées de voir leur transfert vers Juba sans cesse reporté.

Futilités

Dans un pays où la guerre civile débutée en décembre 2013 a fait des dizaines de milliers de morts (le bilan exact reste inconnu) et plus de 2,3 millions de déplacés, la futilité des discussions au regard de l'importance des enjeux a suscité l'incompréhension et la colère des diplomates étrangers et un appel pressant de l'ONU. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait exhorté vendredi le chef rebelle à rentrer à Juba "sans délai" tandis que les États-Unis, le Royaume-Uni et la Norvège, qui surveillent le processus de paix, ont réclamé son retour d'ici samedi.

Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, a plongé dans la guerre civile en décembre 2013, quand des combats ont éclaté au sein de l'armée nationale, minée par des dissensions politico-ethniques alimentées par la rivalité Kiir-Machar.

Tant le gouvernement que l'opposition ont été accusés d'avoir perpétré des massacres à caractère ethnique, des viols, des tortures, des meurtres, d'avoir recruté des enfants pour en faire des soldats et d'avoir provoqué des déplacements forcés de populations.

Le retour prévu de Riek Machar à Juba suscite un fragile espoir de règlement du conflit, mais les difficultés du gouvernement et de l'opposition à s'accorder sur les conditions de ce retour illustrent la défiance profonde qui les oppose et augurent mal de l'avenir.

La situation est d'autant plus tendue à Juba que conformément à l'accord de paix, la rébellion y a récemment fait revenir 1 370 soldats et policiers armés qui font désormais face à 3 420 hommes de l'armée gouvernementale. Le reste des troupes, gouvernementales et rebelles, n'est pas autorisé dans un rayon de 25 km autour de la capitale.

Avec AFP
 

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