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CRISE MIGRATOIRE

Accord sur les migrants : la Turquie ne veut pas renoncer à l’exemption de visas pour ses citoyens

Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, et la chancelière allemande, Angela Merkel, lors d'une conférence de presse commune à Gaziantep, le 23 avril 2016.
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, et la chancelière allemande, Angela Merkel, lors d'une conférence de presse commune à Gaziantep, le 23 avril 2016. STR, AFP
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Lors de la visite de responsables européens, dont Angela Merkel, à Gaziantep, samedi, le Premier ministre turc a exhorté l'Europe à ne pas remettre en cause l'exemption de visas pour ses concitoyens, tel que prévu par l'accord sur les migrants.

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La Turquie n'a pas cédé de terrain, samedi 23 avril, sur l'exemption des visas pour ses citoyens, dont Ankara a fait une condition indispensable à la mise en application de l’accord conclu avec l'Europe sur les migrants.

Cette mesure est d'une importance "vitale" pour la Turquie et une "partie inaliénable, fondamentale" de l'accord visant à stopper le flux de migrants vers l'Europe, a déclaré le Premier ministre, Ahmet Davutoglu, en présence de plusieurs responsables européens, dont la chancelière allemande, Angela Merkel, venus en Turquie pour tenter d'apaiser les tensions.

La Turquie : "Le meilleur exemple pour le monde"

Lors d'une conférence de presse conjointe à Gaziantep, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a loué l'action de la Turquie, "le meilleur exemple, pour le monde, sur la manière dont nous devrions traiter les réfugiés", à rebours des critiques de nombreuses ONG.

Ankara s'est engagé à accepter le retour sur son sol de tous les migrants entrés illégalement en Grèce depuis le 20 mars. Le plan prévoit aussi que pour chaque Syrien renvoyé en Turquie, un autre Syrien en provenance d'un camp de réfugiés turc sera "réinstallé" dans un pays européen, dans la limite de 72 000 places.

En contrepartie, les Européens ont accepté de fournir jusqu'à 6 milliards d'euros d’aide, de relancer les discussions sur l'intégration de la Turquie à l'UE et d'accélérer le processus de libéralisation des visas pour les Turcs. Ankara, qui a promis aux 79 millions de citoyens une exemption de visa d'ici fin juin, a fait monter les enchères cette semaine, menaçant de ne plus respecter l'accord si les Européens ne tenaient pas leur engagement.

L'exécutif européen a indiqué qu'il présenterait un rapport sur le sujet le 4 mai, mais il est attendu au tournant par ceux qui redoutent que Bruxelles brade ses valeurs pour se concilier la Turquie.

Visite au pas de charge

"J'ai l'intention de tenir cet engagement à condition que la Turquie fournisse les résultats" en remplissant les 78 critères exigés par l'UE pour libéraliser le régime des visas, a affirmé Angela Merkel. Très critiquée dans son pays pour avoir autorisé des poursuites pénales, réclamées par la Turquie, contre un satiriste ayant dépeint le président turc, Recep Tayyip Erdogan, en zoophile, la chancelière s'est défendue, affirmant avoir "toujours souligné [...] lors de discussions avec le Premier ministre [turc] que des valeurs comme la liberté de la presse et la liberté d'expression sont pour nous inaliénables".

Avec Ahmet Davutoglu, les dirigeants européens ont visité sous haute sécurité et au pas de charge le camp de réfugiés de Nizip 2, qui accueille dans des préfabriqués près de 5 000 réfugiés syriens, dont 1 900 enfants, selon les chiffres du gouvernement turc. Ils ont ensuite inauguré sous les applaudissements un centre de protection accueillant des enfants syriens, construit avec des fonds européens.

Depuis l'entrée en vigueur de l'accord, 325 migrants arrivés en Grèce ont été renvoyés en Turquie et 103 réfugiés syriens réinstallés dans l'UE, selon la Commission européenne. L'ONG Amnesty International estime que la Turquie n'est pas un "pays sûr" pour les réfugiés et accuse Ankara d'avoir renvoyé des dizaines de personnes en Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 270 000 morts et déplacé au moins la moitié de la population.

Avec AFP 

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