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Norbert Hofer, l'arme discrète de l'extrême droite autrichienne

Le candidat du FPÖ, Norbert Hofer, arrivé largement en tête de la présidentielle autrichienne, le 24 avril 2016.
Le candidat du FPÖ, Norbert Hofer, arrivé largement en tête de la présidentielle autrichienne, le 24 avril 2016. Harald Schneider, AFP

Le 22 mai, Norbert Hofer, arrivé largement en tête du premier tour de la présidentielle autrichienne, pourrait devenir le premier chef d'État issu du parti d’extrême droite FPÖ. Portrait.

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Dimanche, le visage de Norbert Hofer s’est affiché sur toutes les télévisions européennes. Et pour cause : le candidat du parti d'extrême droite FPÖ est parvenu à se placer largement en tête du premier tour de la présidentielle autrichienne. Un comble pour celui qui, tout au long de sa campagne, a multiplié les diatribes contre l’Union européenne et sa politique migratoire.

Et ce, alors que personne n’aurait parié sur son score, 36,4 % des voix, qualifié de tsunami politique en Autriche. Cet ingénieur aéronautique de formation et père de quatre enfants, tantôt qualifié d’homme de l’ombre, tantôt de second couteau très discret, est désormais assuré d’être l’objet d’une exposition médiatique maximale, tout au long des quelques semaines qui le séparent du second tour, prévu le 22 mai.

Un homme discret peu connu du grand public 

Alors que les sondages lui prédisaient une qualification pour le deuxième tour avec des intentions de votes allant au maximum jusqu’à 24 % des suffrages, Norbert Hofer peut se targuer d’être allé au-delà des espérances des cadres de son parti. Ces derniers ont préféré se réserver, à l’instar de leur chef Heinz-Christian Strache, pour les législatives.

Celui qui confie avoir longtemps hésité avant d'accepter de briguer ce poste, essentiellement honorifique, a enregistré le meilleur résultat du FPÖ à une élection nationale depuis la guerre. Surfant sur l’usure d’un pays où les partis traditionnels semblent avoir épuisé leur crédit depuis plusieurs décennies, il a misé sur la question des migrants, qui suscite une vive inquiétude en Autriche. Arrivé en tête dans tous les Länder, à l'exception notable de Vienne, il affrontera l'écologiste tyrolien Alexander Van der Bellen (21,3 %) au second tour.

Peu connu du grand public, bien qu’il soit vice-président du Parlement depuis 2013, il s’est habilement présenté durant sa campagne comme un homme "neuf" issu d’une nouvelle génération d’hommes politiques, malgré plus de vingt années de responsabilités politiques et de militantisme au sein du FPÖ.

En 1996, deux ans après son adhésion, il devient responsable régional du parti d’extrême-droite dirigé alors par Jorg Haider, le leader historique du parti décédé en 2008, avant d’en devenir moins de dix ans plus tard vice-président et l’un de ses principaux idéologues en 2005.

Toujours souriant, courtois et tiré à quatre épingles et, de son propre aveu, souvent armé d’un Glock, Norbert Hofer a grandi au sein d’une famille bourgeoise et conservatrice dans le Burgenland, une province située près de la frontière hongroise.

Inflexible sur la question de l’immigration

Décrit comme un membre de l’aile "libérale" de son parti, il a tiré profit de son profil moins sulfureux que celui de l’ancienne candidate du FPÖ à la présidentielle de 2010 Barbara Rozenkranz, réputée proche des milieux néonazis autrichiens et qui s’était illustrée par ses nombreux dérapages xénophobes.

Pendant sa campagne, Norbert Hofer s’est attaché à se présenter comme un candidat issu du peuple, originaire d’une province relativement déshéritée d’un pays dont il se veut le "protecteur". Il s’est efforcé surtout de tenir un discours moins brutal que certains de ses collègues au sein du parti populiste. Même si le fond de la pensée de ce membre de Marko-Germania, une corporation estudiantine pangermanique qui considère l’Autriche comme partie intégrante de la nation allemande, reste inflexible, notamment sur la question de l’immigration.

"Quand on parle de Norbert Hofer, on parle de quelqu'un fasciné par l'idéologie de la Grande Allemagne. On parle de quelqu'un qui a été sorti du chapeau par un chef de parti qui a frayé dans le milieu néonazi", a rappelé dans un éditorial, Christian Rainer, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Profil.

Alors que la fonction présidentielle offre peu de pouvoir au chef de l’État, il a promis d’être omniprésent sur la scène politique en menaçant par exemple de dissoudre le Parlement, si les élus ne tenaient pas compte de ses recommandations en ce qui concerne la question des migrants.

Le 23 mai, l’Autriche, pourrait se réveiller avec à sa tête le plus jeune président de l’histoire du pays, mais surtout, le premier issu du FPÖ.

Avec AFP

 

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