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DCNS, le géant industriel français méconnu qui a remporté le “contrat du siècle”

DCNS a acquis une solide expérience en construction de sous-marins.
DCNS a acquis une solide expérience en construction de sous-marins. AFP

Le groupe français DCNS a remporté le plus important contrat à l’export au monde depuis 1945. Un succès pour cette vénérable entreprise dont les origines remontent à Richelieu.

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Si Dassault, Thales ou encore Safran sont bien connus du grand public… il en va tout autrement de DCNS. C’est pourtant ce géant discret de l’armement made in France qui a remporté le “contrat du siècle” mardi 26 avril. Le champion des chantiers navals va fournir 12 sous-marins à l’Australie pour 34 milliards d’euros. C’est la plus importante vente à l’export de matériels militaires au monde depuis 1945.

François Hollande, son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et celui de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, se sont d'ailleurs rendus au siège parisien de DCNS pour “saluer” le choix australien. Une opération politique de cocorico durant laquelle le président pourra avoir une pensée pour le cardinal Richelieu et Colbert… sans qui cette victoire commerciale n’aurait peut-être pas eu lieu.

Depuis 1631

DCNS est, avec Saint-Gobain, la seule entreprise française encore active dont l’histoire remonte au XVIIe siècle, rappelle BFMTV. Richelieu décide en 1631 de faire construire des arsenaux pour transformer la France en grande puissance maritime et Colbert met en place, sous Louis XIV, une administration centrale chargée de superviser cet effort.

La multinationale actuelle, présente dans une quinzaine de pays et qui pèse 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015 est donc issue de la grande période centralisatrice française. Elle s'est appelée Direction des Constructions et Armes Navales (DCAN) puis, Direction des constructions navales (DCN) en 1991. Lorsque Thales acquiert 35 % du capital de l'entreprise en 2011, un "S" (pour "Systèmes et services") est ajouté.

Si DCNS a battu l’Allemand TKMS et le consortium japonais formé de Mitsubishi et Kawasaki pour décrocher ce contrat qui devrait créer “des milliers d’emplois en France”, d’après Jean-Yves Le Drian, c’est en partie à cause de cette longue histoire. DCNS a acquis une solide expérience en construction de sous-marins : son site de Cherbourg en a fait sa spécialité depuis 1898. La France est d’ailleurs le premier pays au monde à construire un sous-marin torpilleur, le Nerval, en 1899.

Contrat crucial

Le groupe n’est pas non plus à la traîne en matière de navire de guerre. C’est lui qui a construit "La Gloire", le premier cuirassé de haute mer en 1858. Il est également à l’origine du porte-avion "Charles de Gaulle", en 2011, considéré comme l’une des références en la matière. La DCNS est aussi responsable de la création, en 2006, du porte-hélicoptères Mistral qui est devenu l’un des symboles de la brouille diplomatique entre la Russie et la France.

Ce groupe à l’histoire chargée a connu, cependant, un passé récent plus délicat. Il a enregistré des lourdes pertes en 2014 (347 millions d’euros) avant de stabiliser ses comptes en 2015. Le groupe avait tenté sans succès ces dernières années de se diversifier, notamment dans le nucléaire. Il a entrepris une restructuration depuis 2014 pour se concentrer sur l'exportation. Pour le site économique La Tribune, 2016 était une “année cruciale” censée montrer si ce virage était justifié. Le contrat australien est un bon début de réponse.

 

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