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Le président du Parlement turc plaide pour une constitution religieuse

Le président du Parlement turc, Ismail Kahraman, durant un discours le 22 novembre 2015.
Le président du Parlement turc, Ismail Kahraman, durant un discours le 22 novembre 2015. Adem Altan, AFP

Ismail Kahraman, président du Parlement turc, a plaidé pour l'abandon du principe de laïcité dans le cadre de la réforme constitutionnelle souhaitée par le président Recep Tayyip Erdogan. "Nous sommes un pays musulman", a-t-il lancé.

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La prochaine Constitution turque doit être "religieuse" et la laïcité ne devrait "pas (y) figurer", a estimé, lundi 25 avril, le président du Parlement, Ismail Kahraman, cité par l'agence de presse progouvernementale Anatolie.

"En tant que pays musulman, pourquoi devrions-nous être dans une situation où nous sommes en retrait de la religion ? Nous sommes un pays musulman. Par conséquent, il faut faire une Constitution religieuse", a déclaré Ismail Kahraman dans un discours prononcé lundi soir et relayé mardi par les chaînes de télévision en Turquie.

"Avant toute autre chose, la laïcité ne doit pas figurer dans la nouvelle Constitution", a ajouté ce député du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur).

Depuis son arrivée au pouvoir en 2002, l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan est accusé par ses détracteurs de vouloir islamiser la société turque.

Mardi, le projet de nouvelle Constitution a toutefois conservé l’idée de la laïcité, l’AKP n’ayant meme pas abordé l’éventualité de la retirer, selon le chef de la commission constitutionnelle, Mustafa Sentop.

Contre la religion comme "instrument de la politique"

Plus tôt, le chef de l'opposition kémaliste, Kemal Kiliçdaroglu, avait vivement réagi sur Twitter à la propostion d’Ismail Kahraman. "Le chaos qui règne au Moyen-Orient est le fruit des mentalités qui, comme vous, font de la religion un instrument de la politique. […] La laïcité existe pour que chacun puisse vivre sa religion librement !", a-t-il ajouté.

La présence de la religion dans la politique a longtemps été taboue en Turquie. Gardienne autoproclamée des principes laïques de Mustafa Kemal, fondateur de la République turque, l'armée est intervenue à plusieurs reprises pour prévenir tout "péril islamiste".

En 1997, le premier chef de gouvernement islamiste turc, Necmettin Erbakan, mentor de l'actuel président Recep Tayyip Erdogan, est poussé à la démission par l'état-major. Ce putsch sans aucun coup de feu tiré a été surnommé "coup d'État postmoderne".

Depuis la reconduction de l'AKP au pouvoir, en novembre dernier, l'une des priorités du gouvernement est de doter la Turquie d'une nouvelle loi fondamentale pour remplacer celle héritée de la junte militaire après le putsch de 1980.

Avec AFP et Reuters

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