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Selon Staffan de Mistura, le cessez-le-feu en Syrie est en "grave danger"

L'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, mercredi 27 avril 2016, à Genève.
L'envoyé spécial de l'ONU, Staffan de Mistura, mercredi 27 avril 2016, à Genève. Martial Trezzini, Pool, AFP

Jeudi, l'émissaire des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a exhorté Vladimir Poutine et Barack Obama à sauver le cessez-le-feu mis en place il y a deux mois en Syrie, estimant qu'il était "tout juste en vie".

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L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a appelé Washington et Moscou, dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 avril, à "revitaliser" le cessez-le-feu "en grave danger" dans ce pays, avec notamment l'intensification des bombardements sanglants dans la région d'Alep (nord).

Ces derniers jours, les bombardements dans la province d'Alep, notamment dans la ville éponyme, se sont multipliés, provoquant la mort de plus d'une centaine de civils en moins d'une semaine. Mercredi soir, au moins 20 civils ont été tués lors d'un raid aérien des forces gouvernementales syriennes contre un hôpital et un immeuble résidentiel contrôlés par la rébellion à Alep.

Les États-Unis et à la Russie sont les deux initiateurs du cessez-le-feu introduit le 27 février pour faciliter les pourparlers de paix entre régime et rebelles, afin de trouver une solution à une guerre ayant déjà tué plus de 270 000 personnes en cinq ans.

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"Il n'y a aucune raison que chacun de ces deux pays, qui ont investi tant de capital politique dans une issue heureuse et qui ont tous deux intérêt à ne pas voir la Syrie être emportée par un nouveau cycle de guerre, ne soient pas en mesure de revitaliser ce qu'ils ont créé", a affirmé Staffan de Mistura.

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Le 3e round de négociations qui avait commencé le 13 avril s'est achevé mercredi à Genève sans aucun progrès, puisque les principaux représentants de l'opposition ont quitté la table des négociations pour protester contre la dégradation de la situation humanitaire et les violations de la trêve.

Au cours d'une conférence de presse donnée dans la nuit de mercredi à jeudi à Genève, Staffan de Mistura a indiqué qu'il avait recommandé au Conseil de sécurité d'organiser dans un futur proche une rencontre du GISS (Groupe international de soutien à la Syrie composé de 17 pays et co-présidé par la Russie et les États-Unis, NDLR).

"Nous voulons obtenir cette réunion du GISS avant de lancer le nouveau round (de négociations de paix intersyriennes) au cours du mois de mai", a-t-il dit. "Mon but est de continuer les entretiens, avec au moins un ou deux autres rounds d'ici juillet", a-t-il ajouté.

"Un Syrien est mort toutes les 25 minutes" lors des dernières 48 heures

Alors que les grandes puissances affirment que la trêve tient toujours, pour les habitants d'Alep, dans le nord de la Syrie, le cessez-le-feu décrété il y a deux mois est bel et bien mort avec l'intensification des bombardements sanglants.

"Durant ces dernières 48 heures, un Syrien est mort toutes les 25 minutes, le dernier pédiatre d'Alep aurait été tué lors des bombardements survenus" dans la soirée, a déploré l’envoyé spécial de l’ONU. "Le cessez-le-feu est toujours vivant, mais il est en grand danger", a-t-il encore dit.

Pour la première fois, Staffan de Mistura a également publié un résumé en 7 pages des entretiens menés lors du dernier round de pourparlers intersyriens, et qui ont porté sur l'agenda d'une transition politique en Syrie et la mise en place "d'une gouvernance" de transition "inclusive".

"Les parties syriennes ont à présent accepté la nécessité d'une transition politique" qui sera chapeautée par une "nouvelle et inclusive gouvernance, qui remplacera la gouvernance actuelle en Syrie", a indiqué Staffan de Mistura.

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Il a cependant ajouté qu'il y avait toujours des fossés "substantiels" concernant les représentations de cette transition et il a dressé une liste des problèmes "fondamentaux" qui doivent être réglés en vue d'instaurer une transition "politique viable" en Syrie. Cette liste, a-t-il dit, n'est pas figée et peut être modifiée au fur et à mesure des discussions.

"Je ne sais pas de quelle trêve ils parlent. Il n'y a pas de trêve ici"

L’envoyé spécial de l’ONU a également indiqué que le round qui vient de se terminer avait été fortement influencé par la dégradation de la situation sur le terrain en Syrie. Il a demandé notamment un accès pour l'aide humanitaire dans des villes telles que Douma, Darraya, Madamiyet Elsham et East Harasta.

"Je ne sais pas de quelle trêve ils parlent. Il n'y a pas de trêve ici", affirme Abou Mohammed, qui réside dans la partie est de la ville d'Alep contrôlée par les rebelles. "Les bombardements et les tirs de roquettes ne s'arrêtent jamais. C'est comme si on était en pleine guerre mondiale", raconte ce propriétaire d'une échoppe, père de quatre enfants.

En fait, "si la trêve tient c'est entre les États-Unis et la Russie, pas entre l'opposition et le régime", résume Abou Mohammed.

Photo montage largement diffusée sur Facebook depuis le 24 avril.
Photo montage largement diffusée sur Facebook depuis le 24 avril.

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Avec AFP et Reuters

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