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Pour le Pentagone, le bombardement de l'hôpital afghan de MSF n'est pas un "crime de guerre"

Un responsable de MSF, le 10 novembre 2015, dans les locaux dévastés de l'hôpital bombardé par l'armée américaine à Kunduz, en Afghanistan.
Un responsable de MSF, le 10 novembre 2015, dans les locaux dévastés de l'hôpital bombardé par l'armée américaine à Kunduz, en Afghanistan. Najim Rahim, AFP

Près de sept mois après le bombardement meurtrier d'un hôpital de Médecins sans frontières à Kunduz, en Afghanistan, l'enquête du Pentagone a conclu, vendredi, qu'il ne s'agissait pas d'un "crime de guerre".

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Pour l'armée américaine, certaines règles n'ont pas été respectées mais il ne s'agit pas d'un crime de guerre. Ce sont les conclusions de l’enquête ouverte à la suite du bombardement meurtrier d'un hôpital de Médecins sans frontières (MSF) à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, présentées vendredi 29 avril par le général Joseph Votel, patron du commandement de l'armée américaine pour le Moyen-Orient et l'Afghanistan (Centcom), à la presse.

La Défense américaine a dévoilé un rapport très attendu de 3 000 pages sur le raid contre l'hôpital de Kunduz le 3 octobre 2015, qui a fait 42 morts, pour lequel l'ONG française continue de réclamer une enquête internationale. Seize militaires sont impliqués dans ce bombardement et doivent faire l’objet de mesures disciplinaires. Ces sanctions non judiciaires n’ont pas encore été annoncées mais elles pourraient prendre la forme d'une lettre de réprimandes ou d’une suspension, toutes deux susceptibles de mettre fin à la carrière militaire des personnes qu'elles visent.

"Une combinaison d'erreurs humaines"

Pour éviter que ses hommes puissent un jour être traduits devant la justice pénale américaine, le général Votel a argué du fait que "le terme de crime de guerre [était] typiquement réservé aux actes intentionnels, au fait de prendre pour cibles de manière délibérée des civils, des lieux ou des objets protégés".

Et encore une fois, a insisté le chef du Centcom, "l'enquête a déterminé que l'incident a résulté d'une combinaison d'erreurs humaines, d'erreurs dans le processus, de ratés techniques et qu'aucun des membres du personnel (militaire) ne savait qu'ils étaient en train de frapper un hôpital".

MSF réclame toujours l’ouverture d’une enquête internationale

Une enquête préliminaire avait mis en lumière une série de dysfonctionnements qui ont mené au bombardement de l'hôpital qui se trouvait pourtant sur une liste de sites à épargner.

Le Pentagone avait reconnu fin novembre que le raid avait été causé "avant tout en raison d'erreurs humaines". Une version rejetée par MSF, selon qui au-delà des erreurs, il y a eu "une grossière négligence des troupes américaines et des violations du droit de la guerre". L'ONG réclame depuis l'ouverture d'une enquête internationale.

L'armée américaine avait annoncé en mars dernier que plus de dix militaires avaient fait ou allaient faire l'objet de sanctions administratives à la suite de ce raid meurtrier qui avait scandalisé l'opinion publique et poussé le président Barack Obama à présenter ses excuses. Des mesures toutefois accueillies froidement par la communauté humanitaire.

En Syrie, au moins 20 civils ont été tués mercredi soir lors d'un raid aérien des forces gouvernementales syriennes contre un hôpital soutenu par MSF et un immeuble résidentiel contrôlés par la rébellion à Alep (nord-ouest), selon la défense civile. Les États-Unis se sont dit "scandalisés" par ce bombardement, appelant jeudi la Russie à contenir le régime de son allié Bachar al-Assad.

Avec AFP et Reuters

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