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Venezuela : en plein chaos économique, l'opposition accentue la pression contre Maduro

Federico Parra, AFP

Le Venezuela, plongé dans une crise économique qui alimente le mécontentement populaire, s'apprête à vivre une crise politique : l'opposition a lancé une collecte de signatures pour organiser un référendum contre Nicolas Maduro.

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Le Venezuela s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise. Députés et employés du Parlement non payés, semaine de deux jours pour les fonctionnaires, coupures d'électricité : face au chaos, l'opposition a lancé sa collecte de signatures pour organiser un référendum contre le président Nicolas Maduro.

La pression de la rue sur le président socialiste, au pouvoir depuis 2013, est maximale. Des émeutes ont même éclaté ces derniers jours dans la deuxième ville du Venezuela, Maracaibo (nord-ouest). Des pneus brûlés et des barrages routiers étaient visibles dans la ville jeudi soir.

"Nous faisons face à la pire urgence alimentaire qu'ait connue le Venezuela", a déclaré le député Ismael Garcia. Selon lui, la crise est due à "l'échec d'un modèle économique qui a ruiné le pays".

L'opposition vénézuélienne a accentué jeudi la pression sur le président Nicolas Maduro en votant au Parlement une motion de défiance contre son ministre de l'Alimentation, Rodolfo Marco Torres, pour cause de pénuries, dans un climat de crise économique et mécontentement populaire. Le président vénézuélien a refusé de limoger son ministre et annoncé qu'il émettra vendredi un décret, sans en préciser les détails, pour éviter "tout sabotage" du Parlement "contre un ministre, une institution ou un organe du pouvoir".

600 000 signatures

Le Conseil national électoral (CNE) a autorisé mardi l'opposition à rassembler les signatures pour enclencher la première étape du processus de référendum révocatoire contre le président. Il lui en faut 195 721 (soit 1% de l'électorat) en 30 jours, validées par le CNE, pour franchir la première étape.

Les adversaires du président ont affirmé avoir déjà collecté 600 000 signatures en une seule journée. Les signatures seront remises au CNE pour vérification en début de semaine prochaine.

Lors de la deuxième phase, il faut collecter quatre millions de signatures afin d'organiser le référendum, qui pourrait avoir lieu dès fin novembre selon l'opposition. Il faudra alors dépasser le nombre des suffrages obtenus à l'élection présidentielle de 2013 par Nicolas Maduro (7 587 532) pour obtenir son départ.

Et selon un sondage de Venebarometro publié jeudi, près de 68 % de Vénézuéliens sont en faveur d'un retrait de Maduro "le plus vite possible et qu'il y ait de nouvelles élections présidentielles"

Restrictions spectaculaires

Autrefois riche producteur de pétrole, le Venezuela est en pleine crise économique, avec la chute des cours du brut. Ce pays pâtit également de coupures d'électricité, en raison selon le gouvernement de la sécheresse due au phénomène météorologique El Niño, l'opposition dénonçant quant à elle le manque d'investissements dans le réseau.

La gravité de la situation a poussé l'exécutif à annoncer des mesures spectaculaires afin d'économiser l'énergie : les fonctionnaires ne travailleront plus que deux jours par semaine, le lundi et le mardi. Les classes seront suspendues le vendredi, de la maternelle au lycée.

Le gouvernement avait déjà annoncé que l'électricité serait coupée quatre heures par jour pendant 40 jours dans huit États (sur 24), décrété une modification de l'heure légale et ajouté des jours fériés.

Avec AFP

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