TURQUIE

La Turquie frappée par deux attentats meurtriers

Des ambulances devant le commissariat de Gaziantep, en Turquie, visé par un attentat à la voiture piégée, le 1er mai 2016.
Des ambulances devant le commissariat de Gaziantep, en Turquie, visé par un attentat à la voiture piégée, le 1er mai 2016. Ilhas News Agency, AFP
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Deux attentats ont simultanément frappé la Turquie, dimanche. Le premier a visé un poste de police à Gaziantep, dans le sud du pays, tuant deux agents. Le second a frappé Nusaybin, dans le Sud-Est, où trois soldats ont péri.

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Deux policiers ont été tués et 22 autres personnes ont été blessées, dimanche 1er mai, par l’explosion d’une voiture piégée devant un commissariat de Gaziantep, dans le sud de la Turquie. Parmi les blessés figurent 19 policiers.

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"Cet attentat n’a pas été revendiqué mais il y a deux pistes : l’organisation État islamique et le PKK"

La déflagration a été entendue à plusieurs kilomètres de distance, a rapporté CNN Turk, qui montre les images de l’épave du véhicule à proximité du poste de police, et les ambulances et camions de pompiers envoyés sur les lieux.

Selon certaines sources, deux véhicules auraient participé à l'attentat. Tandis que le kamikaze était à l'intérieur de la voiture qui a explosé, trois hommes à bord d'un second véhicule ont ouvert le feu sur les policiers qui gardaient le commissariat. L’attentat n’a pas été revendiqué dans l’immédiat.

"L’attaque s’est déroulée un dimanche 1er-Mai à 9 h 30, donc l’objectif n’était probablement pas de causer de nombreuses victimes", a expliqué Fatma Kizilboga, la correspondante de France 24 à Istanbul. "On peut imaginer qu’il s’agissait davantage d’un avertissement destiné aux autorités turques", a-t-elle conclu.

Des tests ADN sur un membre présumé de l'EI

La province de Gaziantep longe une bande de territoire syrien contrôlée par l’organisation État islamique (EI) et la police turque a effectué de nombreux raids contre des jihadistes présumés ces derniers mois dans la capitale provinciale, qui abrite de nombreux réfugiés syriens.

La police a mené à Gaziantep une perquisition au domicile d'un membre présumé de l'EI, soupçonné d'avoir commis l'attentat. "Le père d'un suspect dont on pense qu'il a mené l'attentat a été interpellé. Nous avons des dossiers sur les liens du suspect avec l'État islamique", a ainsi déclaré une source des services de sécurité à Reuters. Un test ADN doit déterminer si le suspect est bel et bien l'auteur de l'attentat.

Un deuxième attentat à une centaine de kilomètres de Gaziantep

Des tirs de roquettes ont par ailleurs fait quatre blessés dimanche à Kilis, une autre région proche de la frontière avec la Syrie. Les tirs provenaient d’une zone également tenue par le groupe radical sunnite depuis le pays voisin. D’après l’agence de presse Anatolie, l'artillerie turque a bombardé des positions de l'EI en représailles, faisant neuf tués dans les rangs des jihadistes.

À des centaines de kilomètres plus à l’Est, trois soldats turcs ont été tués et 14 autres blessés, le même jour, dans une attaque à la roquette menée par des combattants kurdes. L'attaque a eu lieu pendant une opération militaire à Nusaybin, à la frontière turco-syrienne, a déclaré l’armée dans un communiqué.

Par ailleurs, une troisième attaque survenue dimanche soir dans une station de gendarmerie à Dicle a fait une dizaine de blessés parmi les militaires, d'après des sources sécuritaires.

Le sud-est de la Turquie est le théâtre d’une insurrection armée menée par les séparatistes kurdes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), qui ont repris les armes en juillet 2015, après la rupture du cessez-le-feu avec l’armée turque.

Avec Reuters
 

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