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Le commissaire Michel Neyret, superflic de Lyon, jugé pour corruption à Paris

Michel Neyret au tribunal de Lyon en décembre 2014 lors d'un procès en diffamation contre l'acteur François Cluzet.
Michel Neyret au tribunal de Lyon en décembre 2014 lors d'un procès en diffamation contre l'acteur François Cluzet. Jeff Pachoud, AFP

Le procès de l'ex-numéro deux de la police judiciaire lyonnaise Michel Neyret s'ouvre lundi à Paris. Il est notamment poursuivi pour avoir accepté du "milieu" des séjours de luxe et des cadeaux en échange de renseignements et de services.

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L’ancien numéro 2 de la PJ de Lyon, Michel Neyret, comparaît lundi 2 mai devant le tribunal correctionnel de Paris pour "corruption". Celui qui dirigea durant 20 ans la prestigieuse brigade antigang de Lyon est soupçonné d’avoir accepté des séjours de luxe et cadeaux en échange de renseignements et de services, ainsi que de s'être procuré ou d'avoir tenté de se procurer du cannabis provenant de saisies pour rétribuer des informateurs.

Face à ces accusations, Michel Neyret avait justifié ses pratiques par le souci "d'obtenir des résultats (grâce) à une politique offensive de recueil de renseignements qui sous-tendait l'existence d'informateurs de haut niveau". Pour preuve, pendant ses 32 ans de carrière, le policier, adulé de ses équipes et de ses supérieurs, a multiplié les performances dans des enquêtes sensibles visant des braqueurs, trafiquants de drogues ou terroristes qui ont bâti sa légende et lui ont valu la Légion d'honneur.

Une réputation qui a volé en éclats

Mais le 29 septembre 2011, tout a basculé pour la superstar des flics lorsqu’il a été interpellé à son domicile avec sa femme par la police des polices, après des écoutes réalisées dans le cadre d'une enquête sur une saisie de drogue en région parisienne. Mis en examen pour corruption, il sera écroué huit mois avant d'être révoqué de la police et mis à la retraite.

Aujourd’hui poursuivi pour huit délits dont corruption et trafic d'influence passifs et détournement de scellés de stupéfiant, il encourt 10 ans de prison et 7,5 millions d'euros d'amende. Il comparait aux côtés de huit autres prévenus : son épouse Nicole, l'ex-patron de l'antenne de Grenoble de la PJ Christophe Gavat, et deux anciens des "stups" de Lyon, Jean-Paul Marty et Gilles Guillotin. Trois membres présumés du milieu lyonnais, Gilles Benichou, son cousin Stéphane Alzraa et Cyril Astruc seront également jugés, ainsi qu'un avocat, David Metaxas. Stéphane Alzraa, en fuite, sera représenté par Me David Olivier Kaminski.

"C'était un excellent flic"

À l’occasion de l’ouverture de ce procès, l'ancien patron de la police judiciaire Christian Lothion a rendu hommage à Michel Neyret. "C'était un excellent flic pour ne pas dire un flic exceptionnel, ce qui s'est fait de mieux en tant que chef de brigade de recherche et d'intervention", a-t-il expliqué sur Europe 1. "Il avait la réputation d'un excellent policier intègre et je pense que cette réputation n'était nullement usurpée", a-t-il ajouté, décrivant un homme "passionné qui faisait beaucoup d'affaires, connaissait parfaitement ses cibles et ses dossiers, un leader plein de charisme qui savait entraîner dans son sillage ses collaborateurs".

De son côté, son avocat Me Gabriel Versini a concédé que "Michel Neyret ait commis des maladresses, des imprudences", tout en contestant que "ces éléments soient sources d'infractions". Il appelle à "faire taire les hypocrisies de façade" sur des pratiques policières anciennes. Le procès est prévu jusqu'au 24 mai.

Avec AFP

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