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TTIP-Leaks : les États-Unis sont "en position de force" selon Greenpeace

Greenpeace a installé une salle de lecture publique des documents du TTIP au pied de la porte de Brandebourg à Berlin
Greenpeace a installé une salle de lecture publique des documents du TTIP au pied de la porte de Brandebourg à Berlin John MacDougall, AFP

Selon Greenpeace, qui a mis en ligne des documents secrets relatifs à des négociations entre les États-Unis et l'Union européenne, une zone de libre-échange entre ces deux géants économiques menacerait aussi bien la santé que la démocratie.

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Quel est le prix du TTIP, le projet de traité de zone de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne ? Ses partisans assurent que l’accord apporterait 100 milliards de dollars par an en retombées économiques dans les deux régions tandis que ses détracteurs jugent qu’il s’agit d’un danger pour la protection de l’environnement et des consommateurs.

Désormais, chacun peut se faire son idée grâce aux TTIP-Leaks. La filiale hollandaise de l’ONG de défense de l’environnement Greenpeace a mis en ligne 248 pages de documents secrets relatant les négociation entre Européens et Nord-Américains. Ces révélations conforteraient, selon Greenpeace, les craintes des opposants au traité, même si la Commission européenne a précisé qu’il ne s’agissait pas du texte définitif. Faiza Oulahsen, responsable du dossier TTIP à Greenpeace Hollande, explique à France 24 ce qui, à ses yeux, constitue un danger.

Qu'est-ce que le TTIP ?


France 24 : Qu'y a-t-il de plus choquant, selon vous, dans ces documents qui résument les positions des négociateurs ?

Faiza Oulahsen : Ils démontrent que le TTIP est dangereux pour nos standards européens de protection de l’environnement et de sécurité alimentaire. Par exemple, aux États-Unis, les animaux reçoivent bien plus d’antibiotiques que chez nous en Europe, et l’ébauche d’accord ouvre la porte à la hausse des importations de la viande américaine. Aucune considération relative aux émissions de CO2 n’est en outre inscrite dans ce projet.

En l’état, le texte est aussi dangereux pour notre démocratie. Les États-Unis ont demandé la possibilité d’avoir un droit de regard sur certains textes législatifs européens avant même qu’ils soient soumis au Parlement. Des grands groupes privés pourront aussi avoir accès aux premiers stades de la prise de décision législative. L’Union européenne s’est bien gardée de mentionner ce point dans ces rapports publics sur les sessions de négociations.

Mais les autorités européennes ont-elles délibérément caché des points, ou ne sont-ils eux-mêmes que peu au fait de l’état des négociations ?
F.O. : Les négociateurs maintiennent un haut niveau de secret autour des propositions des uns et des autres. C’est particulièrement flagrant concernant le Parlement européen. Les députés européens sont invités à consulter les documents dans une pièce sécurisée et n’ont absolument pas le droit de les copier ou de les photographier. Leur téléphone est confisqué à l’entrée et ils ne peuvent entrer qu’avec un stylo et un cahier prêtés pour l’occasion.

Il est impossible dans ces circonstances de comprendre ou de se rappeler des textes très fouillés et complexes. C’est pourtant essentiel, car le TTIP, s’il est adopté, aura un impact profond sur l’ensemble de la vie des citoyens aussi bien pour l’usage d’Internet que pour la consommation. C’est pour cela que nous avons décidé de publier l’intégralité des textes car nous avons le droit à une information aussi complète que possible de ce qui les attend.

Ces documents sont aussi révélateurs d’un rapport de force…
Ils montrent clairement que les États-Unis sont actuellement en position de force. Les Européens ont fait des concessions aux négociateurs envoyés par Washington sans avoir obtenus grand-chose en retour.

Ils s’en plaignent d’ailleurs tout au long des documents. Le terme "déséquilibré" revient à plusieurs reprises de la part des Européens pour évoquer les négociations et les propositions actuellement sur la table. Mais au lieu de se plaindre, qu’ils fassent quelque chose, qu’ils mettent un terme à l’élaboration de ce traité !

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