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Des chercheurs développent des embryons in vitro pendant une durée record

Une chercheuse manipule des cellules d'embryon au Brésil en 2008.
Une chercheuse manipule des cellules d'embryon au Brésil en 2008. Mauricio Lima, AFP

Des chercheurs sont parvenus à développer des embryons humains in vitro pendant pendant une durée record. Cette "étape majeure", selon la communauté scientifique, pourrait améliorer les chances de réussite de fécondation assistée.

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Pour la première fois, des chercheurs sont parvenus à développer des embryons humains in vitro pendant une durée record. En Grande Bretagne, une équipe internationale de chercheurs a réussi à cultiver des embryons humains pendant 13 jours avant d'arrêter l'expérience pour respecter la limite des 14 jours de recherche sur l'embryon actuellement en vigueur dans plusieurs pays.

Une expérience inédite alors que, dans la fécondation in vitro (FIV), les embryons, développés en éprouvette, doivent être implantés au plus tard le septième jour dans l'utérus de la femme pour pouvoir survivre. Pour leurs travaux, les chercheurs ont bénéficié d'embryons humains non utilisés dans les FIV.

"Cette nouvelle technique nous donne une opportunité unique de mieux comprendre notre propre développement pendant les stades cruciaux (tout premiers jours de la vie) et ce qui se passe par exemple lors d'une fausse-couche", a expliqué le Pr Magdalena Zernicka-Goetz, de l'université de Cambridge, responsable de la partie des travaux menée en Grande-Bretagne.

"L'impossibilité pour un embryon de s'implanter (dans l'utérus) est une cause majeure de fausses couches précoces", a-t-elle rappelé. Les embryons développés pendant 13 jours l'ont été sans aucun contact avec des cellules maternelles, "ce qui montre la possibilité d'un auto-développement de l'embryon humain".

Pour autant, la chercheuse, qui avait précédemment expérimenté la technique sur des souris, n'a pas la certitude que les embryons étudiés présentent un développement parfaitement similaire à ceux développés dans l'utérus d'une femme.

"Étapes majeures"

Les travaux de ces chercheurs, publiés mercredi 4 mai dans deux revues britanniques, Nature et Nature Cell Biology, ont été salués par la communauté scientifique comme des "étapes majeures". Cela pourrait "révolutionner notre compréhension du développement de l'embryon à un stade précoce", estime Allan Pacey, professeur à l'université britannique de Sheffield.

Ces études relancent en outre le débat sur la recherche sur l'embryon encore interdite dans certains pays comme l'Italie. D'autres comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Australie limitent la recherche à 14 jours. En France, la recherche sur l'embryon est autorisée depuis 2013 mais strictement encadrée par l'agence de biomédecine.

À partir du 14e jour, l'embryon se transforme en une structure primitive de l'humain avec une tête et une queue, "ce qui marque le moment à partir duquel l'embryon peut être considéré comme un individu", explique le Dr Peter Donovan de l'Université de Californie.

Habituellement, plusieurs embryons sont développés pour une seule femme. Un ou deux sont réimplantés pour une tentative de grossesse. Les autres sont congelés pour être utilisés ultérieurement en cas d'échec de l'implantation précédente, de fausse-couche ou de volonté d'une nouvelle grossesse. Le surplus d'embryons peut être utilisé à des fins scientifiques.

Étudier les causes potentielles de l'autisme ?

Suite à cette expérience, la question de prolonger la limite des 14 jours est également posée chez les scientifiques, a observé le Pr Zernicka-Goetz lors d'une audioconférence organisée depuis Londres. Pour sa part, elle a suggéré la possibilité de prolonger de deux jours la limite fixée au développement de l'embryon in vitro (soit 16 jours) pour étudier la troisième étape de formation de l'embryon (dite "gastrulation").

"Nous pourrions peut-être [...] étudier les causes potentielles de l'autisme et trouver pourquoi des produits chimiques dans l'environnement peuvent affecter le développement de l'embryon", estime le Dr Peter Donovan. "La science possède désormais une méthode pour étudier une période-clé du développement humain qui jusqu'à présent était largement méconnue."

Avec AFP

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