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Primaire : dans le camp républicain, rallier Trump peut être une mission impossible

Donald Trump à Carmel dans l'Indiana, lundi 2 mai 2016.
Donald Trump à Carmel dans l'Indiana, lundi 2 mai 2016. Joe Raedle, AFP

Rien ne semble plus arrêter Donald Trump, le très probable candidat du parti républicain à la présidentielle américaine. Mais cette quasi-victoire a un goût amer : une partie du camp conservateur refuse de soutenir le sulfureux milliardaire.

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Au lendemain de sa victoire dans l’Arizona, on se demande bien ce qui pourrait encore stopper Donald Trump, désormais seul candidat dans la course à l’investiture républicaine. Le magnat de l’immobilier, qui a déjà remporté 996 délégués sur les 1237 nécessaires à sa nomination, est même en très bonne position pour arriver à la Convention nationale du parti, le 18 juillet, fort d’une majorité absolue.

Seulement, remporter l’investiture et porter les couleurs du Grand Old Party (GOP) à la présidentielle de 2017 n’est pas synonyme de sacre. Depuis le début des primaires, l’establishment républicain n’a jamais caché son antipathie à l’égard du milliardaire new-yorkais – et a longtemps compté sur l’essoufflement de sa campagne. Donald Trump n’arriverait pas à rassembler l’électorat conservateur face à la machine de guerre Hillary Clinton, la favorite des démocrates, s’inquiète le Parti.

Trump "un mec qui n’a pas conscience de ce qu’il se passe"

Une inquiétude qui n’a rien de fantaisiste. Si les soutiens de la première heure sont en rang serré derrière le milliardaire, force est de constater qu’une autre partie des électeurs républicains s'est aussi ralliée à lui sans grande conviction. Dans le New York Times, Peter T. King, par exemple, le parlementaire républicain de l'État de New York, affirme qu’il votera pour Trump tout en reconnaissant que le candidat est un "mec qui n’a pas conscience de ce qu’il se passe".

Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants et l'un des plus hauts responsables du Parti républicain, a affirmé qu'il ne pouvait pas soutenir le candidat "pour le moment". "Je ne suis pas encore prêt à le faire", a-t-il déclaré sur CNN. Le sénateur Mitch Mc Connell est apparu, quant à lui, moins emballé par son programme politique que par sa capacité à empêcher "ce qui serait un troisième mandat pour Barack Obama".

>> À lire sur France 24 : "Steaks, casinos, vodka : les nombreux échecs de la carrière de Trump"

Surtout, plus le candidat sulfureux touche du doigt l’investiture, plus ses détracteurs fourbissent leurs armes. La publication The Hill a ainsi recensé une centaine de personnalités républicaines s'étant publiquement engagées à ne pas voter pour Donald Trump, dont les sénateurs Lindsey Graham et Ben Sasse, ou le représentant Justin Amash et Mitt Romney, candidat à la présidentielle de 2012 battu par Barack Obama.

"Suicide national"

D’autres figures politiques ne cachent même plus leur hostilité. Erick Erickson, un auteur conservateur très influent, a aussi éreinté Donald Trump déclarant qu'il n'aiderait pas les électeurs à "commettre un suicide national", sur son blog The Resurgent.

Pis, Mark Salter, l’ancien conseiller du sénateur John McCain, a déclaré qu’il voterait… démocrate ! "Le parti républicain va investir un type qui lit le National Enquirer [tabloïd américain, NDLR] et croit que c'est de son niveau", a-t-il écrit sur Twitter avant de reprendre l'expression fétiche des pro-Clinton : "Je suis avec elle". La candidate démocrate n'a d'ailleurs pas hésité à faire de ces dissidents républicains un atout pour sa propre campagne en compilant leurs phrases assassines (voir vidéo ci-dessous).

Le camp démocrate compile les "petites phrases" des Républicains anti-Trump

Une telle réticence à rallier le camp de Trump s’explique, en grande partie, par l’inquiétude qu’inspire ce candidat à l’insulte facile, à la méconnaissance "alarmante" des dossiers internationaux et aux discours extrémistes envers les immigrés, les musulmans, les femmes.

Un troisième candidat ?

Même les deux derniers présidents républicains, George W. Bush et son père George H. W. Bush, figures de l'appareil républicain par excellence, ont préféré ne pas le soutenir ouvertement. George W. Bush "ne prévoit pas […] de faire de commentaires sur la campagne présidentielle", a déclaré son porte-parole Freddy Ford au Texas Tribune.

Sur les réseaux sociaux aussi, la résistance anti-Trump s’organise. Depuis une semaine, des républicains ont envahi Twitter pour déverser leur haine contre le candidat, certains brûlant leur carte électorale, comme Lachlan Markay, un journaliste conservateur. "Je me suis officiellement désinscrit en tant que républicain", a annoncé de son côté Philip Klein, rédacteur en chef de la revue conservatrice Washington Examiner.

Jusqu’où pourrait aller ce non-ralliement à Trump ? À en croire le New York Times, certains attendraient un "troisième candidat", sans l’étiquette républicaine mais avec l’assentiment discret du Parti. C’est le cas des sénateurs républicains Ben Sasse et Carlos Curbelo qui se sont ainsi dit ouverts à la possibilité d'un candidat tiers, qui représenterait les valeurs conservatrices à l’élection présidentielle du mois de novembre.

Avec AFP
 

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