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Prix Charlemagne : le pape exhorte les dirigeants européens à "abattre des murs"

Avant de recevoir le Prix Charlemagne, le pape François a notamment rencontré la chancelière allemande Angela Merkel.
Avant de recevoir le Prix Charlemagne, le pape François a notamment rencontré la chancelière allemande Angela Merkel. Alberto Pizzoli, AFP

Le pape François a reçu au Vatican le prix Charlemagne, qui récompense son engagement européen. En présence des principaux dirigeants de l'UE, dont Angela Merkel, il les a appelés à revenir aux sources du projet européen.

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Lors de la remise du prix Charlemagne récompensant son engagement en faveur de l'unification européenne, le pape François s’est lancé vendredi 6 mai dans un vibrant plaidoyer en faveur du projet européen.

Il a exhorté les dirigeants du Vieux Continent, tous présents au Vatican, à dépasser les égoïsmes nationaux pour "construire des ponts et abattre des murs", et à changer leur modèle économique, qu'il a jugé injuste à l'égard du plus grand nombre.

"Les projets des pères fondateurs, hérauts de la paix et prophètes de l'avenir, ne sont pas dépassés : ils inspirent, aujourd'hui plus que jamais, à construire des ponts et à abattre des murs", a affirmé le pape François lors de cette cérémonie organisée au Vatican, et non à Aix-La-Chapelle en Allemagne, où le prix est traditionnellement remis.

"Que t'est-il arrivé, Europe humaniste, paladin des droits de l'homme, de la démocratie et de la liberté ?", a lancé le pape François, rappelant aussi "l'impression générale d'une Europe fatiguée et vieillie, stérile et sans vitalité", évoquée lors de son discours devant le Parlement européen à Strasbourg en novembre 2014.

Oser changer de modèle, selon le pape

"Je rêve d'une Europe où être migrant ne soit pas un délit", a affirmé celui qui il y a peu s'est rendu sur l'île de Lesbos en Grèce en soutien aux migrants. Le souverain pontife a ainsi déploré "une Europe en train de se retrancher au lieu de privilégier des actions qui promeuvent de nouveaux dynamisme dans la société". "L'identité européenne est, et a toujours été, une identité dynamique et multiculturelle", capable d'intégrer les "cultures les plus diverses et sans lien apparent entre elles", a-t-il martelé.

Le pape s'en est pris également au manque d'ambition des dirigeants européens, tentés de "se contenter de retouches cosmétiques ou de compromis bancals pour corriger quelques traités". Il les a invités à "oser" changer de modèle. Et en particulier son modèle économique, qu'il a fustigé en rappelant les ravages du chômage, en particulier chez les jeunes. "Comment éviter de perdre nos jeunes, qui finissent par aller ailleurs à la recherche d'idéaux et de sens d'appartenance parce qu'ici, sur leur terre, nous ne savons pas leur offrir des opportunités et des valeurs ?", a encore interrogé le pontife argentin.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, les présidents du Conseil européen Donald Tusk, du Parlement européen Martin Schulz, de la Banque centrale européenne Mario Draghi, ainsi que le roi d'Espagne Philippe VI, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, ont assisté à cette cérémonie.

Désabusés, les dirigeants européens avaient fait le constat, la veille dans la capitale italienne, dans la salle même où fut signé le traité de Rome en 1957, de leur désarroi face à la montée des populismes en Europe. "L'Europe est une promesse, mais une promesse qui n'a pas été tenue", avait ainsi déclaré Martin Schulz. "Nous retrancher dans nos petites zones de confort n'est pas une solution", notamment face au "déferlement des populismes pernicieux et stupides", a affirmé pour sa part Jean-Claude Juncker.

Avec AFP

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