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Exclusivité France 24 : vidéo d'une otage française enlevée au Yémen

La Franco-Tunisienne Nourane Houas a été enlevée à Sanaa, au Yémen, le 1er décembre 2015.
La Franco-Tunisienne Nourane Houas a été enlevée à Sanaa, au Yémen, le 1er décembre 2015. DR

Nourane Houas, une employée franco-tunisienne de la Croix-Rouge enlevée début décembre au Yémen, apparaît dans une vidéo que France 24 a pu visionner vendredi. Il s'agit de la première preuve de vie de l'otage depuis sa disparition.

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Enlevée le 1er décembre 2015 à Sanaa, au Yémen, par des ravisseurs non identifiés, une employée de la Croix-Rouge franco-tunisienne, Nourane Houas, apparaît dans une vidéo qu’a pu visionner France 24, vendredi 6 mai et dans laquelle elle demande notamment à François Hollande de lui venir en aide.

Cet enregistrement de 39 secondes, qui, selon l'otage, a été réalisé le 13 avril 2016, est la première preuve de vie de la Franco-Tunisienne depuis son enlèvement il y a plus de cinq mois.

"Je demande au président français, François Hollande, au président légitime de la République du Yémen, Abd Rabbo Mansour Hadi, aux pays de la coalition arabe menés par le royaume de l’Arabie saoudite et aux responsables du Comité international de la Croix-Rouge à Sanaa et à Genève de me secourir d’une mort proche le plus rapidement possible en répondant aux exigences de mes ravisseurs car ma vie et ma santé actuellement très mauvaise en dépendent", explique Nourane Houas dans cette vidéo, que France 24 a choisi de ne pas diffuser, et où la Franco-Tunisienne apparaît vétue d'un hijab noir, le visage amaigri et fatigué. L'otage n'a en revanche donné aucun détail sur l'identité de ses ravisseurs.

Les autorités françaises ont confirmé à France 24 que Nourane Houas était bien "de nationalités française et tunisienne". "Les services de l’État sont pleinement mobilisés en appui des efforts du CICR pour obtenir sa libération", indique le porte-parole du Quai d'Orsay.

"Une action menée pour des motifs crapuleux"

Selon Wassim Nasr, spécialiste des mouvements jihadistes à France 24, "il ne s’agit pas d’un enlèvement lié à des mouvements jihadistes", mais plutôt d’une "action menée pour des motifs crapuleux en relation avec des dynamiques très locales".

"Elle est franco-tunisienne, mais cette information était confidentielle jusqu'à aujourd'hui, affirme Wassim Nasr. On savait qu'elle était tunisienne, or aujourd'hui on découvre qu'en fait, elle est aussi française. Cette réalité a été cachée parce que ça aurait compliqué les négociations et parce que, malheureusement, ça fait monter les enchères à partir du moment où il s'agit d'une ressortissante occidentale."

Un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a expliqué à France 24 que "faire revenir [sa] collègue" était la priorité numéro 1 de l'ONG, mais que "les négociations en cours sont difficiles" en raison du contexte yéménite, où "le conflit est particulièrement difficile pour les organisations humanitaires".

Les autorités françaises ne s'étaient jusqu'ici pas exprimées officiellement depuis l'enlèvement de Nourane Houas, mais "maintenant que ses ravisseurs nous font savoir qu'elle est française, leurs demandes pourraient changer", estime Wassim Nasr.

Un enlèvement qui rappelle celui d'Isabelle Prime

Cet enlèvement rappelle celui d'Isabelle Prime, une Française également enlevée à Sanaa et retenue en otage au Yémen du 24 février au 7 août 2015. Elle était elle aussi apparue dans une vidéo plusieurs mois après son kidnapping, marquée par sa captivité, vêtue de noir et portant un foulard.

Les prises d'otages sont très fréquentes au Yémen où des centaines de personnes en ont fait l'expérience ces quinze dernières années. Presque toutes ont été libérées saines et sauves, la plupart du temps en échange de rançons, les otages étant souvent utilisés comme moyen de pression sur les autorités locales. Mais comme pour Isabelle Prime, la détention de Nourane Houas se déroule avec en toile de fond un conflit meurtrier qui a plongé le Yémen dans le chaos.

Ce conflit a pris une dimension régionale en mars 2015 avec l'intervention d'une coalition arabo-sunnite dirigée par l'Arabie saoudite pour aider le gouvernement à chasser les rebelles houthis de territoires conquis fin 2014, dont la capitale Sanaa. Les violences ont fait quelque 6 400 morts, pour la moitié des civils, et plus de 30 000 blessés depuis mars 2015, selon des estimations de l'ONU.

Cette guerre a également favorisé l'expansion des mouvements jihadistes comme Al-Qaïda et l'organisation de l'État islamique (EI).

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