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Deux maires rwandais devant la justice française pour génocide et crimes contre l'humanité

Photo de survivants du génocide rwandais exposée dans le Mémorial de Kigali (archives).
Photo de survivants du génocide rwandais exposée dans le Mémorial de Kigali (archives). Simon Maina / AFP

Le procès de deux anciens maires rwandais accusés de génocide et crimes contre l'humanité dans leur pays en 1994 s'ouvre mardi à Paris. Les deux accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

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Le procès de deux anciens maires rwandais accusés d'avoir directement participé au massacre de centaines, voire de milliers de Tutsis, en 1994 lors du génocide rwandais, s'ouvre mardi devant la cour d'assises de Paris.

Poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité, Tito Barahira, 64 ans, et Octavien Ngenzi, 58 ans, encourent la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté pouvant être portée à 22 ans.

Il s'agit du deuxième procès de ce type en France, deux ans après la condamnation à 25 ans de prison du militaire rwandais Pascal Simbikangwa, qui a depuis interjeté appel.

Quelque 90 témoins et six experts doivent venir, pendant près de huit semaines, éclairer magistrats et jurés sur ce génocide qui a fait environ 800 000 victimes entre avril et juillet 1994, ainsi que sur les faits reprochés aux deux accusés qui contestent toute implication dans les massacres.

Les deux hommes ont tour à tour occupé la fonction de bourgmestre de Kabarondo, à l'est du Rwanda - de 1977 à 1986 pour le premier, et de 1986 à avril 1994 pour le second.

S'appuyant principalement sur des témoignages recueillis au Rwanda - et mis en cause par les accusés -, les magistrats instructeurs leur reprochent d'avoir donné des ordres aux assaillants sur les lieux de plusieurs attaques et d'avoir eux-mêmes effectué des sélections entre les ethnies. Autant d'actions qui "traduisent leur propre volonté de s'inscrire dans un dessein criminel d'ensemble", selon l'accusation.

Une "participation volontaire"

Selon l'accusation, Tito Barahira et Octavien Ngenzi jouissaient d'une réelle influence au niveau local, les bourgmestres "personnifiant" l'autorité communale, d'après les juges, et ont notamment agi en donneurs d'ordre. Le fait qu'ils "aient pu aider, de façon ponctuelle, des proches d'origine tutsie, ne suffit pas à exclure leur participation volontaire à des actes tendant à l'élimination de ce groupe ethnique", soulignent-il.

D'après leurs avocats, les deux hommes sont "inquiets". "Octavien Ngenzi pense qu'il n'a pas de moyens de défense équilibrés par rapport à l'accusation", a indiqué Me Françoise Mathe. Ce père de sept enfants, qui avait demandé l'asile à Mayotte sous un faux nom, "conteste avoir été un relais local d'une politique d'extermination et considère ne pas avoir eu la possibilité de s'opposer aux agissements sur sa commune de l'armée et de milices extrémistes", ajoute-t-elle.

Même son de cloche du côté de l'avocat de Tito Barahira, Me Philippe Meilhac, qui rappelle que son client n'était pas bourgmestre au moment des faits et dit s'interroger sur la manière dont certains témoignages à charge ont été recueillis.

Les parties civiles - 14, dont cinq associations - espèrent de leur côté que les deux accusés vont "enfin rendre des comptes". "Jusqu'à maintenant ils nient toute participation et contestent tous les témoignages", rappelle Alain Gauthier, du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

En à peine 100 jours, entre avril et juillet 1994, quelque 800 000 personnes ont été tuées au Rwanda, Tutsi pour la plupart mais aussi Hutu modérés. En France, 24 informations judiciaires et deux enquêtes préliminaires visent des personnes soupçonnées d'avoir été impliqués dans le génocide, selon une source judiciaire.

Avec Reuters
 

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