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Exemption de visas : l'UE veut d'abord des garanties de la Turquie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé l'"hypocrisie" des Européens sur la question de l'exemption de visas pour les citoyens turcs.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé l'"hypocrisie" des Européens sur la question de l'exemption de visas pour les citoyens turcs. Adem Altan, AFP

Jean-Claude Juncker a affirmé jeudi que l’exemption de visas pour les citoyens turcs se rendant en UE ne pourrait être obtenue que si Ankara remplissait "les conditions prévues", parmi lesquelles une modification de la loi anti-terroriste.

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Jean-Claude Juncker s’est montré inflexible. Jeudi 12 mai, lors d'une conférence à Berlin, il a affirmé que la Turquie ne pourrait pas obtenir d'exemption de visas dans l'UE si toutes les conditions prévues dans l’accord conclu avec Bruxelles n’étaient pas remplies et parmi elles, une modification de la loi anti-terroriste turque.

L'exécutif européen a ouvert la voie le 4 mai à l'exemption de visas, dont Ankara a fait une condition pour continuer d'appliquer son accord controversé avec l'UE, visant à contenir le flux de migrants souhaitant se rendre en Europe.

>> À lire sur France 24 : "Crise migratoire : la Turquie somme l'UE de respecter ses engagements"

Cependant, la Turquie doit encore remplir cinq des 72 critères fixés par Bruxelles pour obtenir cette exemption. Les Européens jugent notamment que la loi anti-terroriste instaurée par Ankara possède un champ d’action trop large. Ils craignent que l’exécutif turc ne s’en serve pour restreindre la liberté d'expression et de la presse dans le pays.

>> À voir sur France 24 : "Orhan Pamuk : "Je suis inquiet pour la liberté d'expression en Turquie""

Des craintes fondées notamment sur les récentes arrestations de journalistes et du placement sous tutelle du journal d'opposition Zaman.

Confrontée à la reprise de la rébellion kurde, la Turquie refuse de modifier sa loi. Le président turc a dénoncé jeudi l'"hypocrisie" de l'Union européenne, interpellant Jean-Claude Juncker lors d'un discours à Ankara : "Depuis quand dirigez-vous ce pays, qui vous en a donné le droit ?"

Il a également dénoncé la complaisance montrée par les pays européens, selon lui, à l'égard d'organisations terroristes comme le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en lutte armée contre les forces d'Ankara depuis 1984, et accusé l'Occident d'avoir "laissé seule la Turquie" contre l’organisation de l’État islamique (EI).

La "balle est dans le camp de la Turquie"

De son côté, le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel a aussi souligné jeudi à Berlin que la Turquie n'aurait droit à aucune dérogation sur les conditions fixées par l'Union européenne.

"Nous avons une position claire sur la question des visas: la Turquie doit mettre en œuvre les conditions, il ne peut y avoir de 'Lex Turquie' [une loi spéciale, NDLR]. Si le président turc ne veut ou ne peut pas les appliquer, on ne pourra pas accorder l'exemption de visa", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier a lui aussi estimé que la "balle était dans le camp de la Turquie", citant en particulier la nécessité de cesser "les poursuites de journalistes sur la base d'articles [de loi] antiterroristes".

Le débat autour de la loi antiterroriste turque est à l'origine de fortes tensions susceptibles de menacer l'accord migratoire entre l'UE et Ankara. Le ministre turc chargé des Affaires européennes, Volkan Bozkirun, a mis en garde mercredi que l’accord traversait un "moment très dangereux".

L'accord sur les migrants, par lequel la Turquie a notamment accepté le retour sur son sol de tous les migrants entrés illégalement en Grèce depuis le 20 mars, prévoit en outre une aide financière à Ankara de six milliards d'euros et le déblocage des négociations d'adhésion du pays à l'UE.

Avec AFP
 

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