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Sommet d'Abuja : il en faut plus pour contrer Boko Haram et aider les populations

François Hollande et le président nigérian Muhammadu Buhari, à Abuja, le 14 mai 2016.
François Hollande et le président nigérian Muhammadu Buhari, à Abuja, le 14 mai 2016. Stéphane de Sakutin, AFP

La communauté internationale doit en faire plus, financièrement et militairement, pour venir à bout de Boko Haram et aider les populations, dont la situation humanitaire est préoccupante, ont conclu samedi les participants du sommet d'Abuja.

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L’effort doit être plus important et plus coordonné. L'emprise de Boko Haram a reculé autour du lac Tchad, mais la communauté internationale doit en faire bien davantage, financièrement et militairement, pour venir à bout du groupe islamiste et aider les populations, dont la situation humanitaire est préoccupante, ont conclu samedi 14 mai les participants du sommet d'Abuja.

>> À lire sur France 24 : "Les pays du lac Tchad forcés de changer de stratégie face à l’urgence Boko Haram"

Seul chef d'État non africain présent à ce sommet, le président français, François Hollande, a appelé samedi à ne pas "baisser la garde" contre Boko Haram, appelant la communauté internationale à faire "davantage" en termes d'aide humanitaire et de développement pour les pays touchés.

"Les résultats sont impressionnants" dans la lutte contre le groupe terroriste qui "a été amoindri, obligé de reculer", a reconnu le président français, mais Boko Haram "reste néanmoins encore une menace".

Le sommet s'est refermé avec un communiqué final soulignant que "la défaite de [cette] insurrection ne repose pas seulement sur une solution militaire, mais également sur une action gouvernementale de développement en vue d'en éradiquer les causes".

Plus tôt, le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond avait estimé lui aussi qu'il fallait "beaucoup plus" que des efforts militaires, fussent-ils coordonnés. Les pays de la zone doivent gagner "les cœurs et les âmes de ceux qui sont terrorisés par Boko Haram", car il s'agit du "combat d'une génération contre un démon qui nous détruira tous si nous ne le détruisons pas".

Outre les représentants français, britannique et américain, la réunion a rassemblé onze pays du continent, dont les pays frontaliers du Nigeria (Bénin, Cameroun, Tchad et Niger), et la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini.

Au cœur des discussions : comment mettre fin aux exactions du groupe terroriste qui depuis 2009 a tué plus de 20 000 personnes dans la région du lac Tchad et contraint plus de 2,6 millions d'habitants à fuir leur foyer.

Le déploiement effectif de la force multinationale mixte (FMM), composée de 8 500 hommes originaires du Nigeria et des pays voisins, mise en place depuis juillet, est resté jusqu'ici très confus. Une meilleure coordination entre les différentes armées est désormais indispensable.

4,5 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire

Depuis l'arrivée de Muhammadu Buhari à la tête du Nigeria, il y a un an, l'armée a multiplié les victoires militaires contre Boko Haram, conduisant le président à annoncer que le groupe islamiste était "techniquement" vaincu. Désormais, Boko Haram "ne tient plus" aucun district administratif dans le nord-est, a-t-il de nouveau assuré samedi.

Pourtant, le groupe rebelle reste puissant et commet régulièrement des attentats meurtriers, tandis que la forêt de Sambisa dans le nord-est demeure son bastion.

"Il est important de souligner que malgré les victoires accumulées depuis l’an passé, la vigueur de ce mouvement n’a pas cessé, et d’une certaine manière, il peut se maintenir, malgré les dommages collatéraux provoqués par les offensives de cette force régionale", estime ainsi Roland Marchal, chercheur au CNRS, spécialiste de l’Afrique interrogé sur le plateau de France 24.

Roland Marchal, chercheur au CNRS, spécialiste de l’Afrique

"Il faut être très prudent et ne pas penser qu’il y a un affaiblissement stratégique simplement parce que de très nombreuses victoires ont eu lieu ces derniers mois", insiste le chercheur.

"La principale difficulté à présent est la réhabilitation" des infrastructures détruites, a de son côté affirmé le président Buhari, évaluant à 960 millions d'euros l'aide nécessaire au développement de la région.

"Il est indispensable que la communauté internationale fasse davantage aujourd'hui", a appuyé François Hollande en rappelant que "4,5 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire, dont 300 000 enfants".

Plus tôt, le président français avait fait savoir que Paris allait continuer de soutenir la FMM, à travers de l'assistance, de la formation et du renseignement. La force Barkhane, déployée au Sahel, peut également "intervenir chaque fois qu'il y a un risque terroriste ou une action menée par des groupes", a-t-il ajouté. "Nous sommes là, nous sommes présents et nous allons rester présents."

Le chef d’État français a précisé avoir signé avec Muhammadu Buhari "une lettre d'intention" en vue d'un accord de défense entre Paris et Abuja.

La France, qui possède une base militaire au Tchad pour sa lutte antiterroriste dans la région du Sahel, est considérée comme un partenaire incontournable entre le Nigeria et ses voisins, tous francophones, et avec qui les relations sont historiquement difficiles.

Avec AFP

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