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France : la police crie son ras-le-bol de la "haine anti-flics"

Les policiers ont manifesté dans une soixantaine de villes en France mercredi 18 mai.
Les policiers ont manifesté dans une soixantaine de villes en France mercredi 18 mai. Jean-Sebastien Evrard, AFP

Dans plusieurs villes de France, les forces de l'ordre ont manifesté, mercredi, à l'appel de leurs syndicats pour dénoncer la "haine anti-flics". À Paris, ils étaient des centaines rassemblés sur la très symbolique place de la République.

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C’est une première. Et elle a eu lieu sur la très symbolique place de la République, à Paris. Environ 500 policiers ont manifesté, mercredi 18 mai, dans la capitale française pour dénoncer la "haine anti-flics" en marge de la mobilisation contre la Loi travail. Tous se sont dits victimes d’une violence de plus en plus caractérisée à leur encontre.

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"Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, la délinquance anti-flics a changé de visage. Elle est plus violente. Aujourd’hui, faire notre boulot correctement est presque devenue une mission impossible", explique à France 24, Sandrine, une policière de 39 ans, qui travaille dans le Val-de-Marne, en région parisienne.

Pour elle, comme pour de nombreux policiers présents ce mercredi, les coups, les crachats, les insultes sont devenus monnaie courante. "Vous savez, nous avons de plus en plus de démissions, de mises en disponibilité… Nous sommes lassés, fatigués…", ajoute-t-elle.

"Maintenant, les flics sont perçus comme des délinquants. C’est dingue !", s'insurge également Bruno Mercier, un policier qui défile sous la bannière CGT.

"On laisse faire les casseurs"

À travers ces témoignages, les policiers pointent surtout la présence quasi-systématique de "casseurs" lors des récentes manifestations contre la Loi travail. "Un policier nous disait qu’ils avaient à faire à des bandes de casseurs organisées qui arrivaient dans les cortèges avec des armes de plus en plus dures et avec des stratégies de combat", raconte James André, un des envoyés spéciaux de France 24.

"Je n'ai jamais vu ça", a déclaré de son côté Arnaud, CRS depuis vingt ans. "Les 'casseurs' [...] sont parfaitement organisés, ils ramassent tout ce qu'ils trouvent et nous canardent. Sans piller, pour casser et casser du flic".

Sur un écran géant placé au milieu de la place de la République, une vidéo montrant des vitrines brisées, des véhicules en feu, et de policiers blessés est projetée devant la foule, presque silencieuse. On y lit notamment que les Français sont "des millions à soutenir la police", que les casseurs ne sont qu’une "minorité à détester [la police]". Selon les autorités, plus de 350 membres des forces de l'ordre ont été blessés depuis le début des manifestations contre la loi El Khomri il y a plus de deux mois.

"Il est bien fini l’esprit du 11 janvier"

Applaudie au lendemain des attentats, la police jouit pourtant d'une "image exceptionnelle" : 82% des Français en ont une bonne opinion, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien. Mais dans les rangs de la police, ce mercredi, le sentiment est bien différent. "La sympathie envers nous n’a duré que quelque temps. Il est bien fini l’esprit du 11 janvier", déplore un jeune policier de 25 ans, qui manifeste sous la bannière du syndicat Alliance (droite). "On est traqués par les vidéos amateur. On voit partout des images choc, sorties de leur contexte, qui donnent souvent une mauvaise information".

Les forces de l'ordre ont notamment été mises en cause après qu'un jeune homme a perdu l'usage d'un œil, fin avril à Rennes, et une trentaine d'enquêtes de la "police des polices" (IGPN) ont été ouvertes.

"On a du mal à faire notre boulot correctement. On est hyper surveillés, hyper hiérarchisés. Vous croyez quoi ? Nous ne sommes jamais impunis quand il y a des violences policières : au contraire, on se prend beaucoup de blâmes et de sanctions", explique Sandrine, la policière du Val-de-Marne.

Soutien de l'exécutif attendu

En province, 70 agents se sont rassemblés à Besançon pour dire que les policiers ne sont pas "des brutes sauvages et sanguinaires", près de 150 à Metz, 200 à Marseille et Bordeaux, où un manifestant brandissait une pancarte "je suis gardien de la paix, pas gardien de la guerre", ou encore 300 à Nantes. D'autres contre-manifestations ont été interdites, notamment à Lyon.

Le gouvernement a ostensiblement affiché sa solidarité avec les policiers. François Hollande leur a apporté, mercredi, en Conseil des ministres, un "soutien très clair", "dans un contexte difficile". "S'en prendre à eux, c'est s'attaquer à nous tous", a tweeté Manuel Valls.

Avec AFP
 

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