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Qui sont les "pique-invit'" du Festival de Cannes ?

Toute la journée, des dizaines de passionnés de cinéma tentent d'obtenir des invitations pour le Festival de Cannes.
Toute la journée, des dizaines de passionnés de cinéma tentent d'obtenir des invitations pour le Festival de Cannes. Louise Wessbecher / Mashable FR

Chaque jour, ils sont des dizaines à prendre leur poste aux alentours du Palais des Festivals. Affichette à la main, ils n’ont qu’un but : obtenir une place pour entrer en projection. Rencontre avec les "pique-invitations" du Festival de Cannes.

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Tous les matins, un peu avant la projection de 8h30, les premiers cartons font leur apparition. Et plus les prestigieuses projections du soir approchent, plus ils sont nombreux. "Une invitation, s'il vous plaît", "Je suis le plus grand fan de Xavier Dolan", "C’est mon anniversaire"... Les messages varient mais tous cachent le même objectif : récupérer la place d’un gentil donateur pour aller voir un film dans le Grand Théâtre Lumière.

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Mashable FR a voulu en savoir un peu plus sur ces sympathiques archarnés.

Jade et Pauline, 22 ans, sont en master cinéma et audiovisuel à Montpellier. Elles ont arpenté le Marché du film en long et en large pour espérer se faire une place dans ce "milieu putain de fermé". Avant de tenter leur chance pour les projections.

"Franchement, ça marche à chaque fois. Les festivaliers se font taper sur les doigts s’ils n’utilisent pas toutes les invitations qu’ils ont retirées. Alors ça les arrange qu’on passe à leur place, et ils insistent bien pour qu’on n’oublie pas de faire scanner nos billets à l’entrée. Histoire qu’ils gardent leur quota de places pour l’année prochaine."

À 21 ans, Ian est venu tout seul depuis Atlanta pour la première fois au Festival de Cannes. Grand sourire, lunettes de soleil et veste en queue-de-pie, sa dégaine d’acteur hollywoodien l’aide pas mal.

"En moyenne, j’attends 1h30. Ca ne sert à rien de venir trop tôt, parce que les gens ont plutôt tendance à donner leurs places en dernière minute. Mon spot préféré, c’est au début des barrières de sécurité. Et tous les soirs, j’arrive à rentrer."

De l’autre côté de la rue, devant l’hôtel Majestic, Jean Marie a le teint de celui qui reste au soleil toute la journée. À 62 ans, ce retraité cannois se lève tous les matins à 6h en période de festival et n’oublie jamais sa pancarte fabriquée à partir d’un bout de tapis rouge récupéré.

"J’enfile une chemise et un blazer et j’enchaîne les projections. Mon objectif, c’est d’avoir 100% de réussite. Pour l’instant, j'y suis parvenu : j’ai vu 24 films et j’ai même fait la cérémonie d’ouverture. Il n’y a pas vraiment de règle, parfois j’attends 5 minutes, parfois 5 heures. Les soirs de montée des marches, je sors ma tenue haut de gamme. En plus, les gens qui sortent de cet hôtel ont des belles places en orchestre. Il faut savoir se faire plaisir".

Lucy, originaire du Royaume-Uni, mais arrivée de New-York où elle fait des études en cinéma, ne précise même pas le film qu’elle souhaite voir. Sur son carnet, il est simplement écrit en rouge : "Invitation SVP". Si elle refuse notre photo car elle ne veut pas avoir "sa tête sur Internet", la jeune femme de 27 ans a les yeux qui brillent lorsqu’elle parle du Festival.

"Dans mon sac, j’ai toujours une robe de soirée, des chaussures et du maquillage, au cas où j’obtiens une invitation pour le tapis rouge au dernier moment. Mardi soir, j’ai monté les marches pour le film 'Personnal Shopper' avec Kristen Stewart. C’était dingue, c’était génial !"

Colette et son mari Gérard viennent au Festival de Cannes "au moins pour la 25ème fois". Depuis qu’ils sont à la retraite, ils quittent Nice pour Cannes avec leurs bagages et leurs maillots de bain pendant deux semaines complètes. La Palme d’Or, ils la donneraient bien à Ken Loach pour "I, Daniel Blake" ou à Park Chan-Wook pour "Mademoiselle". Mais surtout pas à Sean Penn et son "The Last Face", "bourré de clichés".

"C’est un budget, c’est sûr, mais nous sommes passionnés de cinéma. À Nice, il y a bien un cinéma d’art et essai, mais on ne pourrait jamais y voir tous ces films. Cette année, on a quasiment vu tous les longs-métrages de la sélection officielle. Il faut parfois faire preuve d’une grande patience, mais ça fonctionne."

Sébastien, Grégory, Tony et Enzo, âgés de 18 à 25 ans, sont étudiants à l’école Cinémagis à Martigues, à 200 km de là. Les quatre copains sont venus pour la première fois à Cannes en pensant rentrer partout avec leurs accréditations. Mais ils se sont trompés.

"Au début, on s’est moqués des gens avec des cartons. Et puis on a vite fini par faire comme eux. La tenue ? Pas besoin d’en faire trop, il faut montrer qu’on ne se prend pas trop au sérieux quand même. Mais il faut faire attention à ne pas se mettre derrière les filles, elles nous prennent toutes les invitations !"

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